Sibur cherche des débouchés russes pour ses capacités de caoutchouc sous-utilisées
Sibur veut favoriser le remplacement du caoutchouc naturel par du caoutchouc synthétique alors que les usines russes tournent à environ 50% de leurs capacités. Près de 600 000 tonnes de matière première sont exportées, surtout vers la Chine, selon Business Gazeta.
Les usines russes disposent d'importantes capacités inutilisées
Sibur cherche à accroître la demande intérieure de caoutchouc synthétique alors que les installations russes tournent à environ la moitié de leurs capacités. Le groupe pétrochimique considère le remplacement du caoutchouc naturel par un matériau synthétique comme un moyen d'améliorer leur utilisation, selon Business Gazeta.
L'enjeu est concret pour la pétrochimie russe, car les capacités inutilisées existent déjà. Une hausse de la production dépendrait donc de nouveaux acheteurs pour les volumes supplémentaires, et non du lancement de nouveaux sites. Les fabricants de pneumatiques sont les clients potentiels les plus évidents puisque leurs formulations peuvent associer caoutchouc naturel et synthétique. Toute substitution doit néanmoins répondre à leurs critères techniques et commerciaux.
Business Gazeta indique que près de 600 000 tonnes de matière première sont actuellement exportées, principalement vers la Chine. Ces expéditions offrent un débouché à la production russe, mais elles montrent aussi que des volumes importants quittent le pays alors que les usines restent sous-utilisées. Sibur cherche à transformer une plus grande partie de ce potentiel en consommation intérieure.
La substitution dépend des fabricants de pneumatiques
La proposition ne signifie pas que les industriels remplaceront automatiquement le caoutchouc naturel. Ils sélectionnent leurs matières selon les performances, les spécifications des produits, les procédés de fabrication et les coûts. Le caoutchouc synthétique doit donc être compétitif comme intrant industriel, et pas seulement disponible en grandes quantités dans les usines russes.
L'idée relevée par Business Gazeta, selon laquelle Sibur aurait davantage besoin de cette initiative que les fabricants de pneumatiques, résume la tension commerciale. Sibur bénéficie directement d'une hausse des achats intérieurs et de l'utilisation de ses installations. Les manufacturiers ont, eux, besoin d'un avantage opérationnel ou économique clair avant de modifier leurs mélanges.
Pour les transformateurs, les capacités disponibles pourraient élargir l'offre locale. Pour Sibur, une demande russe plus forte réduirait la dépendance aux marchés d'exportation pour les 600 000 tonnes de matière première mentionnées. Pour les négociants, un transfert des ventes vers la Russie pourrait diminuer les volumes disponibles pour la Chine.
La Chine reste le principal débouché extérieur
Le rôle de la Chine donne une dimension commerciale internationale à l'initiative, même si sa cible immédiate est la demande industrielle russe. Si les fabricants locaux utilisent davantage de matériau synthétique, Sibur pourra vendre une plus grande part de sa production en Russie. Si la substitution reste limitée, l'exportation demeurera essentielle pour écouler la production de sites tournant à environ 50% de leurs capacités.
Les informations disponibles ne précisent ni calendrier, ni programme d'investissement, ni objectif d'utilisation. Elles ne quantifient pas non plus le volume de caoutchouc naturel susceptible d'être remplacé. Le résultat dépendra des négociations avec les transformateurs et de la capacité des différentes qualités synthétiques à satisfaire les exigences de chaque pneumatique.
Les acteurs du marché devront suivre l'utilisation des usines, les volumes conservés en Russie et les livraisons à la Chine. Ces indicateurs diront si la démarche de Sibur crée une consommation intérieure supplémentaire ou si l'exportation reste le principal débouché des capacités disponibles.