Le Sénat américain autorise des droits potentiels de 100% contre les grands acheteurs d’énergie russe
Le Sénat américain a adopté un texte autorisant des droits de douane allant jusqu’à 100% sur les biens provenant des cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes. La Chine et l’Inde sont potentiellement visées, mais la Chambre des représentants doit encore approuver le projet.
Le Sénat élargit les pouvoirs de sanction
Le Sénat des États-Unis a adopté un vaste projet de sanctions contre la Russie qui pourrait soumettre à des droits de douane allant jusqu’à 100% les marchandises provenant des principaux acheteurs de pétrole et de gaz naturel russes. Le texte a été approuvé par 86 voix contre 11, selon Associated Press et Axios. Ce vote traduit un large soutien bipartisan, mais ne suffit pas à faire entrer la mesure en vigueur. La Chambre des représentants doit également l’adopter avant sa transmission au président Donald Trump.
La disposition tarifaire vise les cinq plus grands acheteurs de pétrole ou de gaz naturel russe. La Chine et l’Inde figurent explicitement parmi les pays susceptibles d’être concernés. Le projet donne au président le pouvoir d’imposer les droits, au lieu d’instaurer automatiquement une taxe uniforme contre tous les partenaires commerciaux de la Russie. S’il achève son parcours législatif, le calendrier, les pays ciblés et le taux appliqué dépendront donc des décisions de l’exécutif.
Le plafond passe de 500% à 100%
La version adoptée par le Sénat est plus limitée que la proposition initiale. The Indian Express a rapporté que le premier texte envisageait un droit général de 500% contre les pays achetant de l’énergie russe. La version révisée plafonne le taux potentiel à 100% et limite le dispositif aux cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes. Selon Business Standard, la liste pourrait être réexaminée tous les 180 jours afin de suivre l’évolution des flux commerciaux.
La baisse du plafond ne supprime pas le risque commercial. Un droit allant jusqu’à 100% pourrait rendre de nombreux produits des pays concernés non compétitifs sur le marché américain. Pour les raffineurs et les négociants en pétrole, le projet établit un lien entre l’achat de brut russe et l’accès d’autres secteurs nationaux aux États-Unis. Les entreprises devront donc comparer la décote du brut russe avec l’exposition plus large des produits manufacturés, des contrats d’approvisionnement et des clients américains.
L’Inde et la Chine sont les plus exposées
L’Inde et la Chine sont devenues des marchés essentiels pour l’énergie russe. Le mécanisme cherche à faire pression sur les grands acheteurs plutôt qu’à limiter uniquement les cargaisons russes par des sanctions directes. Associated Press indique que le texte couvre les cinq principaux acheteurs mondiaux et cite la Chine et l’Inde. The Indian Express présente l’Inde comme le deuxième marché d’exportation du pétrole brut russe.
À ce stade, l’effet immédiat concerne les décisions politiques et contractuelles, et non le prélèvement d’un nouveau droit à la frontière. Aucun tarif fondé sur ce texte ne peut s’appliquer avant sa promulgation et l’utilisation du pouvoir présidentiel. Importateurs, exportateurs et raffineurs restent donc dans l’incertitude quant aux modalités, aux exemptions et au délai accordé pour modifier leurs approvisionnements. Si les grandes raffineries asiatiques réduisent leurs achats, les vendeurs russes devront probablement augmenter les décotes, trouver d’autres débouchés ou absorber des coûts logistiques supplémentaires.
Les dispositions sur l’Iran élargissent la portée
Le paquet renouvelle ou étend également des mesures concernant l’Iran. Associated Press rapporte qu’il associe la pression sur la Russie à la volonté de Donald Trump de renforcer les sanctions iraniennes. The Indian Express évoque des dispositions destinées à limiter la capacité de l’Iran à soutenir son économie de guerre. Les éléments disponibles n’établissent pas que tout commerce avec l’Iran déclencherait automatiquement un droit de 100%. Les conséquences dépendront du texte promulgué et de sa mise en œuvre.
Pour les marchés des matières premières, la principale question est de savoir si Washington utilisera ce pouvoir contre de grandes économies étroitement liées au marché américain. Une application agressive pourrait détourner les flux pétroliers et alourdir les coûts de conformité sans retirer immédiatement les barils russes du marché mondial. Une application limitée laisserait à l’Inde, à la Chine et aux autres acheteurs davantage de marge pour négocier avec Washington tout en conservant une partie de leurs approvisionnements russes.