La sécheresse sévère menace la récolte de canne de Guadeloupe en 2027
Les planteurs guadeloupéens n’ont pas pu replanter après une récolte 2026 en baisse de 35%, à environ 312 700 tonnes. Des conditions très sèches étant prévues jusqu’en février, la filière redoute une nouvelle mauvaise campagne en 2027 et reporte ses espoirs de reprise sur 2028.
Les plantations retardées après une baisse de 35%
La sécheresse sévère qui frappe les Caraïbes menace la prochaine récolte de canne à sucre en Guadeloupe. Après une campagne 2026 déjà très difficile, les planteurs n’ont toujours pas pu remettre leurs parcelles en culture. Les boutures, qui auraient dû être plantées depuis plusieurs semaines, restent hors de terre, car la chaleur et le manque de pluie risqueraient de les brûler, a expliqué à l’AFP Alex Bandou, secrétaire général de l’Union des producteurs de Guadeloupe, dans un article publié par France 24.
Ce blocage suit une récolte 2026 particulièrement mauvaise, achevée en juillet. Selon la coopérative Union cannière de la Guadeloupe, environ 312 700 tonnes de cannes ont été récoltées, soit une baisse d’environ 35% par rapport à 2025. Cette forte contraction renforce les inquiétudes sur l’avenir d’une filière dont la production recule depuis plusieurs années.
La météo n’offre aucun répit immédiat. Depuis mai, les bulletins de Météo-France qualifient les conditions de sèches, très sèches, extrêmement sèches et très chaudes. Juillet a été classé comme le mois le plus chaud depuis les conditions exceptionnelles de 1995, tandis que les prévisions annoncent un temps encore très sec jusqu’en février.
Le manque d’irrigation fragilise toute la filière
La canne occupe près de 50% des terres agricoles de Guadeloupe, selon l’Institut d’émission des départements d’outre-mer. Les légumes représentent environ 6,9% de la surface agricole utilisée, la banane 6,6% et les fruits près de 3%. Le poids de la canne signifie qu’une nouvelle mauvaise récolte toucherait les planteurs, mais aussi les équipes de coupe, les transporteurs, l’usine sucrière et ses ouvriers.
L’irrigation reste la principale contrainte. Sydney Henery, secrétaire générale des Jeunes agriculteurs de Guadeloupe, estime que son insuffisance rend la canne particulièrement sensible à la sécheresse. L’eau agricole est également mobilisée régulièrement pour compenser les déficits de production d’eau potable, liés au vieillissement du réseau du territoire et à ses problèmes de gestion.
Les planteurs anticipent donc une récolte 2027 aussi mauvaise que la précédente et certains misent désormais sur 2028. Décaler la campagne sucrière ou ouvrir une seconde période de récolte serait difficile, car la filière repose sur une coordination étroite entre planteurs, coupeurs, transporteurs, usine et ouvriers.
Variétés résistantes et réforme des aides à l’étude
Les pouvoirs publics continuent de défendre la pérennité d’une filière canne entièrement subventionnée. Les pistes comprennent le développement de variétés plus résistantes à la sécheresse, un positionnement accru sur les sucres spéciaux et la formation aux pratiques agroécologiques. Ces mesures devront cependant répondre à la fréquence croissante des sécheresses, au morcellement foncier et au grand nombre de petits producteurs.
Olivier Degenmann, directeur de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt de Guadeloupe, a également évoqué une évolution du régime de subventions. Selon lui, un rendement inférieur à 20 tonnes de canne par hectare ne permet pas une agriculture professionnelle assurant un revenu à l’exploitant. Toute restructuration aurait une portée plus large, car les productions maraîchère et animale locales diminuent depuis une dizaine d’années, alors que la Guadeloupe importe 82% de son alimentation.
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