Seara entre sur le marché brésilien des plats préparés, évalué à R$12 milliards
Seara, filiale de JBS, lance au Brésil une gamme de plats préparés à étiquette propre et vise un marché de R$12 milliards. La hausse du coût des repas pris à l’extérieur et le retour des déjeuners apportés de chez soi soutiennent la demande.
Seara vise une catégorie établie de R$12 milliards
Seara, la marque d’aliments, de volaille et de porc détenue par JBS, entre sur le marché brésilien des plats préparés avec une gamme à étiquette propre composée d’ingrédients courants. L’entreprise mise sur un goût proche de la cuisine maison et cherche à s’implanter dans une catégorie évaluée à R$12 milliards au Brésil.
Le lancement cible une habitude de masse déjà installée et non un nouvel usage. Seara estime que la seule ville de São Paulo consomme environ 18 millions de repas emballés chaque mois. João Campos, directeur général de Seara, a déclaré que l’entreprise voulait apporter de l’échelle, de la régularité et de la qualité à une catégorie en croissance rapide, déjà intégrée au quotidien des Brésiliens.
La hausse des repas à l’extérieur soutient la demande
L’arrivée de Seara intervient alors que le coût des repas pris hors du domicile continue d’augmenter. Selon l’indice Prato Feito de la Faculté de commerce de São Paulo, institution liée à l’Association commerciale de São Paulo, le prix moyen d’une formule traditionnelle a progressé de 1,67% entre janvier et mars, passant de R$29,77 à R$30,27.
Ces prix renforcent des habitudes davantage centrées sur le domicile, les consommateurs préparant leur déjeuner chez eux ou l’emportant au travail. Le changement concerne aussi les ménages aisés. Une enquête de Galunion montre que 61% des répondants appartenant à la classe A brésilienne ont commencé à emporter plus souvent des repas préparés à la maison.
Pour Seara, l’enjeu dépasse le simple volume vendu dans les rayons des supermarchés. Campos a indiqué que l’entreprise avait changé d’approche afin d’étudier l’ensemble du parcours du consommateur. Les plats préparés permettent d’associer son portefeuille établi de protéines à la praticité et à la standardisation, tout en répondant à la hausse du coût de la restauration.
Le lancement complète la stratégie de valeur ajoutée
La nouvelle gamme s’inscrit dans un programme plus large visant à augmenter la valeur dégagée par l’activité porcine de Seara au Brésil. Selon l’entreprise, les découpes portionnées et assaisonnées ainsi que les produits prêts à cuire représentent déjà 49% du chiffre d’affaires de la catégorie. Seara veut porter cette part à 60% d’ici 2027.
L’entreprise développe également son programme Açougue Suínos Seara Reserva, destiné à professionnaliser la vente de porc au détail. L’initiative est présente dans plus de 1 300 magasins et s’appuie sur plus de 130 conseillers qui assurent formation, assistance technique et fourniture de produits certifiés. Seara fait état d’un taux de fidélisation de 93% et affirme que le programme doit réduire les pertes d’exploitation, améliorer les marges et rendre la demande plus prévisible.
Seara déploie cette stratégie sur un marché où le porc bénéficie d’une forte présence dans les foyers. Les chiffres publiés par l’entreprise indiquent que la consommation brésilienne de porc par habitant devrait atteindre 19,5 kilogrammes en 2026, tandis que cette viande est présente dans 93% des foyers du pays. Les plats préparés offrent donc un canal supplémentaire pour transformer cette consommation généralisée de protéines en produits plus pratiques et à plus forte valeur, au moment où les ménages réévaluent le coût des repas pris à l’extérieur.
Analyse complète du marché