La Russie restreint les produits de cinq exportateurs ouzbeks pour infractions phytosanitaires
La Russie restreindra dès le 23 juillet 2026 les produits horticoles de cinq exportateurs ouzbeks après des infractions phytosanitaires répétées. Choux, oignons, herbes, raisins, betteraves et tomates sont concernés, mais l’offre saisonnière russe devrait limiter les perturbations.
Les restrictions débutent le 23 juillet
Le Service fédéral russe de surveillance vétérinaire et phytosanitaire, Rosselkhoznadzor, restreindra à compter du 23 juillet 2026 les importations de produits végétaux réglementés provenant de cinq exportateurs ouzbeks. L’agence a motivé sa décision par des violations répétées des règles phytosanitaires russes et internationales ainsi que par la hausse des détections d’organismes de quarantaine dans les cargaisons expédiées depuis l’Ouzbékistan.
La liste comprend le chou blanc, le chou-fleur, l’oignon, l’aneth, le persil, le raisin, la betterave et la tomate. La mesure vise cinq entreprises et non l’ensemble des fournisseurs ouzbeks de fruits et légumes. Il s’agit donc d’une intervention ciblée dans les échanges entre les deux pays.
Selon l’avis de Rosselkhoznadzor repris par Mail.ru News, les inspecteurs ont enregistré 132 cas impliquant des organismes de quarantaine depuis le début de l’année. L’agence estime que ces violations systématiques révèlent une efficacité insuffisante du dispositif ouzbek chargé de garantir la sécurité phytosanitaire des marchandises réglementées destinées à la Russie.
La récolte russe réduit le risque de pénurie
Le marché russe ne devrait pas connaître de pénurie immédiate, car les restrictions interviennent dans la seconde moitié de juillet, lorsque les fruits et légumes locaux arrivent déjà en volumes importants. L’experte des marchés agricoles Irina Reshetnikova a déclaré à Rossiyskaya Gazeta que l’impact aurait été plus sévère en mai, avant que les producteurs russes n’atteignent leurs volumes de pleine saison et lorsque les choux précoces, tomates et autres légumes dépendaient davantage des approvisionnements extérieurs.
Le poids de l’Ouzbékistan varie selon les produits. Le pays compte parmi les principaux fournisseurs de raisins de la Russie, ce qui rend cette catégorie plus sensible à l’arrêt de certains exportateurs. Les tomates ouzbèkes sont également présentes sur le marché russe, mais elles représentent environ 5 % des importations totales de tomates selon Reshetnikova, une part qui ne détermine pas l’équilibre général.
Pravda.Ru indique que les distributeurs pourront réorienter leurs achats vers d’autres exportateurs ouzbeks et des exploitations russes. La portée limitée de la mesure réduit la probabilité d’une hausse générale des prix, même si certaines variétés ou régions pourraient subir des variations temporaires de disponibilité.
La logistique pèse davantage sur les prix
Reshetnikova considère que la logistique intérieure et le coût du carburant influencent actuellement davantage les prix russes des fruits et légumes. Les produits circulent en permanence entre des régions aux profils de production et de consommation différents, si bien qu’une hausse des frais de transport se transmet rapidement aux prix de gros et de détail. Les mouvements de prix suivant les restrictions ne pourront donc pas être automatiquement attribués à l’arrêt des cinq fournisseurs.
Cette intervention souligne aussi la difficulté du contrôle dans des filières horticoles fragmentées. Selon Reshetnikova, une grande partie de la production ouzbèke provient de petites exploitations dehkan plutôt que de grandes entreprises agricoles. Les grossistes regroupent les produits de nombreux cultivateurs, ce qui peut réunir dans un même lot des marchandises présentant différents niveaux de conformité. Les divergences entre pays concernant les produits phytosanitaires autorisés et leurs conditions d’utilisation augmentent encore le risque.
Pression accrue sur la conformité
La charge commerciale immédiate retombe sur les cinq exportateurs, privés d’accès au marché russe pour les marchandises concernées. Les autres fournisseurs ouzbeks peuvent poursuivre leurs ventes, mais devront renforcer la documentation de la production, la traçabilité et le contrôle avant expédition. Les importateurs et distributeurs russes devront vérifier le statut de leurs fournisseurs et éventuellement transférer leurs commandes vers des entreprises autorisées ou des producteurs locaux.
Les contrôles récents illustrent le coût des défaillances. Mail.ru News rapporte que des inspecteurs ont bloqué plusieurs lots de légumes contaminés destinés à la région de Nijni Novgorod. Au premier semestre, 20 tonnes de tomates ouzbèkes et 18,3 tonnes de pommes de terre azerbaïdjanaises ont également été détruites. Rosselkhoznadzor présente ces mesures comme nécessaires pour empêcher l’introduction de ravageurs et de maladies végétales dangereuses dans l’agriculture russe.
Le calendrier estival et le ciblage des restrictions constituent les principaux amortisseurs du marché. La récolte russe peut remplacer une partie des volumes touchés, tandis que les exportateurs ouzbeks non visés peuvent continuer leurs livraisons. L’effet à long terme dépendra de la correction des défaillances par les cinq entreprises et des résultats des contrôles menés ailleurs dans la filière.