La production automobile russe pourrait croître jusqu'à 19 % en 2026, à 700 000-800 000 unités
Les analystes interrogés par Kommersant anticipent une production russe de 700 000 à 800 000 voitures particulières en 2026, en hausse de 4 % à 19 % par rapport aux 673 000 unités recensées par Rosstat en 2025. Les prévisions vont de 660 000 unités dans le scénario pessimiste de Strategy Partners à 800 000 unités chez Euler Analytical Technologies. La croissance repose sur la normalisation des stocks, les ventes et l'assemblage de modèles chinois sous de nouvelles marques.
La production de voitures particulières en Russie devrait progresser de 4 % à 19 % sur un an en 2026, pour atteindre 700 000 à 800 000 unités, selon les prévisions des analystes interrogés par le quotidien économique russe Kommersant. La base de comparaison est de 673 000 voitures produites en 2025, chiffre publié par le service national de statistique Rosstat.
Ce qui frappe dans cette enquête tient moins au sens de l'évolution qu'à l'ampleur de la fourchette. Entre le scénario le plus faible et le plus élevé, l'écart atteint 140 000 unités, soit environ un cinquième de la production de l'an dernier. Pour les équipementiers qui calibrent leurs volumes de composants et leurs capacités logistiques, cet écart sépare une année stable d'une expansion à deux chiffres.
Quatre prévisions pour un même marché
Les estimations rassemblées par Kommersant émanent de cabinets de conseil et de bureaux d'analyse qui suivent le secteur automobile russe. Elles divergent sur le niveau de production et, dans un cas, sur son orientation :
- Strategy Partners : 700 000 unités dans le scénario de base, 660 000 unités dans le scénario pessimiste et 730 000 unités dans le scénario optimiste.
- Vladimir Bespalov, analyste chez Euler Analytical Technologies : jusqu'à 800 000 unités sur l'ensemble de l'année.
- Dmitri Babanski, associé chez SBS : de 700 000 à 750 000 voitures.
- Vladimir Tchernov, analyste chez Freedom Global : de 730 000 à 760 000 unités.
Un seul des chiffres publiés implique un recul. Le scénario pessimiste de Strategy Partners, à 660 000 unités, placerait la production environ 2 % sous le niveau relevé par Rosstat pour 2025. À l'autre extrémité, les 800 000 unités de Vladimir Bespalov correspondent à la borne haute de 19 % citée par Kommersant. Trois des quatre prévisions se recoupent entre 700 000 et 750 000 unités, zone où se concentre aujourd'hui l'essentiel des anticipations.
Normalisation des stocks et assemblage chinois
Kommersant identifie trois moteurs de la hausse attendue : la normalisation des stocks de véhicules, la croissance des ventes et l'extension de l'assemblage de voitures chinoises sous de nouvelles marques. Les deux premiers relèvent du cycle. Tant que les stocks des concessionnaires et des usines restent élevés, les chaînes tournent en deçà du rythme que permettrait la demande finale, chaque véhicule produit venant gonfler le volume invendu au lieu de le remplacer. Une fois cet excédent résorbé, la production suit directement les ventes, ce qui relève mécaniquement les statistiques sans que la demande sous-jacente change.
Le troisième facteur concerne les capacités. L'extension de l'assemblage de modèles chinois sous de nouvelles appellations remet en service des lignes à l'arrêt ou sous-utilisées et relève le taux d'utilisation des usines qui ont perdu leurs anciens partenaires étrangers. Elle transfère aussi vers la production nationale des volumes qui arriveraient sinon sous forme de véhicules importés finis. Kommersant ne chiffre pas la contribution de chaque facteur, et les prévisions publiées ne détaillent ni les marques ni les sites concernés.
Le quatrième trimestre fera la différence
Les experts cités par Kommersant préviennent que les usines pourraient ralentir la cadence de production de véhicules neufs au quatrième trimestre si le marché automobile décélère. Cette réserve explique une large part de la dispersion entre les scénarios : les volumes annuels du marché russe sont nettement concentrés sur le second semestre, et un seul trimestre de cadence réduite suffit à déplacer le résultat annuel de plusieurs dizaines de milliers d'unités.
Pour les fournisseurs de composants, les constructeurs d'équipements et les opérateurs logistiques, la conséquence pratique est qu'il faut planifier 2026 sur une fourchette et non sur un point. Commander pour le scénario optimiste de 800 000 unités expose à des stocks immobilisés si la demande faiblit en fin d'année ; retenir 660 000 unités revient à renoncer à du volume si la reprise tient. Le couloir de 700 000 à 750 000 unités, où converge la majorité des prévisions, constitue l'anticipation centrale la plus défendable, et le premier semestre dira quelle moitié de la fourchette est réaliste.
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