La Russie accroît sa production automobile avec Hyundai, Kia, Nissan et Toyota
Les usines russes ont produit 407 900 voitures particulières au premier semestre 2026, selon Pravda.ru, soit 17% de plus que sur l’ensemble de 2025. Hyundai, Kia, Nissan et Toyota ont affiché les plus fortes hausses, mais la faiblesse de la base de comparaison et l’absence de données sur les ventes et les stocks fragilisent la reprise.
La production russe de voitures particulières accélère
Les usines russes ont produit 77 900 voitures particulières en juin 2026, soit 73,2% de plus qu’un an auparavant et 51% de plus qu’en mai, selon Pravda.ru. La production du premier semestre a atteint 407 900 véhicules, en hausse de 51,3% sur un an et supérieure de 17% aux 347 800 voitures fabriquées pendant toute l’année 2025.
La publication attribue cette progression principalement à l’augmentation de la production locale des marques mondiales. Les volumes de Hyundai ont progressé de 149,4%, ceux de Kia de 130,5%, ceux de Nissan de 89,1% et ceux de Toyota de 62,7%. AvtoVAZ est resté le premier constructeur en volume, mais la croissance plus rapide des marques coréennes et japonaises réduit sa part, ainsi que celle des constructeurs chinois, dans la production russe.
L’assemblage CKD soutient le redémarrage
Pravda.ru rapporte qu’après le départ des grands constructeurs automobiles de Russie en 2022, des sites tels que Solters à Saint-Pétersbourg, Avtotor à Kaliningrad et l’ancienne usine Renault de Moscou se sont tournés vers l’assemblage de véhicules coréens et japonais à partir de kits CKD entièrement démontés. La hausse mensuelle de 51% en juin indique des livraisons de composants plus stables et un rapprochement des lignes rénovées de leur capacité prévue.
L’augmentation des importations de composants signalée par Rosstat témoigne également d’une activité accrue des chaînes d’approvisionnement destinées à l’assemblage local. Il ne s’agit toutefois pas encore d’un cycle industriel entièrement localisé. Les nouvelles lignes de véhicules électriques et hybrides dépendent de kits importés, tandis que la fabrication russe de batteries de traction et d’électronique de puissance ne fait que commencer. Leur contribution au volume semestriel a été qualifiée de négligeable, sans chiffre précis.
Une base faible limite la portée du rebond
Les fortes hausses sont calculées à partir d’un marché déprimé. La Russie n’a produit que 347 800 voitures particulières en 2025, un niveau comparable au début des années 2000 et inférieur au quart du record de 1,45 million atteint en 2012. Le rythme actuel correspond à environ 800 000-850 000 véhicules par an, toujours en deçà de la demande évaluée par les analystes entre 1,2 million et 1,5 million d’unités.
L’expert automobile Igor Morzharetto a averti qu’une croissance rapide sur une base faible ne suffisait pas à établir une tendance durable. La publication de Rosstat citée ne fournit ni les ventes réelles au détail ni les stocks des concessionnaires. Ces deux indicateurs sont indispensables pour savoir si la hausse de la production répond à la demande finale ou alimente les invendus.
Plus de choix, sans baisse de prix garantie
Pour les acheteurs, l’élargissement de la production de marques établies peut améliorer la disponibilité des modèles, l’accès au service et la prévisibilité de la valeur résiduelle. Pravda.ru souligne toutefois que les prix intègrent toujours la taxe de recyclage, la logistique des kits CKD et le risque de change. Les taux d’intérêt élevés, le coût du transport des composants et l’incertitude monétaire freinent aussi le marché.
Pour les constructeurs et les équipementiers, les chiffres semestriels montrent que les capacités russes d’assemblage redémarrent plus vite que la demande intérieure. La pérennité de la production dépendra donc des ventes au détail, des conditions de financement et d’un accès fiable aux pièces importées. Sans données plus complètes sur les ventes et les stocks, le bond de juin constitue un jalon industriel, mais ne prouve pas que le marché a retrouvé sa taille passée.
Analyse complète du marché