Les importations russes d’huile de palme indonésienne au plus haut depuis début 2021
La Russie a importé 148 800 tonnes d’huile de palme indonésienne au début de 2025, contre 97 800 tonnes un an plus tôt. La valeur a doublé à 166,8 millions de dollars, plaçant le pays au dixième rang des acheteurs de l’Indonésie.
Les achats atteignent un sommet de quatre ans
La Russie a fortement augmenté ses achats d’huile de palme auprès de l’Indonésie au début de 2025, inversant le recul observé pendant les années précédentes. Les importations ont atteint 148 800 tonnes, contre 97 800 tonnes durant la période correspondante de 2024, selon RIA Novosti, qui s’est appuyée sur les statistiques indonésiennes.
Il s’agit du volume le plus élevé depuis le début de 2021. La progression annuelle représente 51 000 tonnes, soit environ 52 %, ce qui traduit une nette reprise de la demande russe pour l’un des principaux produits agricoles exportés par l’Indonésie.
La valeur des expéditions a augmenté encore plus rapidement. Les dépenses russes consacrées à l’huile de palme indonésienne ont doublé à 166,8 millions de dollars. Elles sont restées inférieures aux 196,6 millions de dollars du premier trimestre 2022, mais l’écart entre la croissance du volume et celle de la valeur indique un coût moyen d’importation supérieur à celui de l’année précédente.
La Russie devient le dixième acheteur de l’Indonésie
Cette hausse a placé la Russie au dixième rang des importateurs d’huile de palme indonésienne en valeur. Le Pakistan a dominé le classement avec 828,2 millions de dollars d’achats, devant l’Inde à 706,3 millions et le Bangladesh à 466,1 millions. Ces montants illustrent l’ampleur nettement supérieure de la demande sur les principaux marchés sud-asiatiques de l’Indonésie.
L’Indonésie est le premier producteur mondial d’huile de palme. L’évolution de sa production et de ses exportations joue donc un rôle central dans l’offre mondiale d’huiles végétales. Le pays est également la principale source d’huile de palme importée par les transformateurs et fabricants de produits alimentaires russes.
La Russie a importé 795 000 tonnes d’huile de palme auprès de l’ensemble de ses fournisseurs en 2024, soit son plus faible volume annuel en dix ans. L’Indonésie a représenté 70 % de ce total. La hausse du début de 2025 marque ainsi un net changement de rythme, mais les données disponibles ne permettent pas d’établir si cette accélération se poursuivra toute l’année.
Coûts, demande industrielle et vigilance des consommateurs
Les transformateurs alimentaires utilisent l’huile de palme pour ses propriétés fonctionnelles et son adaptation aux produits nécessitant des matières grasses stables. La hausse des importations russes peut donc refléter des achats plus importants des industriels, une reconstitution des stocks ou une modification du calendrier des livraisons. Les sources ne précisent pas lequel de ces facteurs a joué le rôle principal.
Le doublement de la valeur des achats est particulièrement important pour les importateurs et les fabricants. Si les coûts restent élevés, les entreprises devront les absorber, les répercuter sur leurs clients ou modifier leurs recettes et leurs sources d’approvisionnement. La comparaison avec 2022 montre toutefois que les dépenses n’ont pas retrouvé le précédent sommet mentionné dans les données indonésiennes.
La reprise intervient alors que l’huile de palme continue de susciter des interrogations en Russie. Infox a fait état des préoccupations de producteurs et de spécialistes russes concernant la qualité et les conséquences sanitaires d’une consommation excessive d’acides gras saturés. Le média a aussi relevé un intérêt croissant pour les huiles de colza, d’olive et de tournesol, ainsi que des campagnes d’information menées par certaines organisations russes. Le marché envoie donc des signaux partagés : les expéditions indonésiennes se redressent fortement, tandis que les préférences des consommateurs et le débat public peuvent continuer à peser sur la demande à long terme.