Le risque sur le riz kharif indien resserre les perspectives mondiales
Le Conseil international des céréales prévoit une baisse de la production mondiale de riz en 2026/27, la première depuis plus d’une décennie, principalement à cause d’une récolte kharif plus faible en Inde. La production indienne pourrait reculer de 154 millions à 147 millions de tonnes, tandis que les exportations resteraient à 25 millions de tonnes.
L’Inde modifie nettement les prévisions mondiales
La production mondiale de riz devrait diminuer en 2026/27 après le record de 2025/26, selon le Conseil international des céréales. Il s’agirait de la première contraction annuelle depuis plus d’une décennie. Dans ses prévisions de septembre, l’IGC a évalué la production mondiale à environ 535,7 millions de tonnes et abaissé son estimation mensuelle de 5 millions de tonnes, principalement en raison d’une révision de la récolte kharif indienne.
Cette correction marque un changement important par rapport à l’évaluation de juin. À cette date, l’IGC anticipait une hausse de la production indienne et une récolte mondiale globalement stable. Ses dernières prévisions désignent désormais l’Inde comme la principale cause de la baisse mondiale attendue, illustrant la rapidité du changement pendant la mousson et les semis.
Moins de surfaces et une faible mousson dans le sud
Selon iGrain, le bureau indien du Foreign Agricultural Service du département américain de l’Agriculture prévoit une baisse de la production indienne de 154 millions de tonnes en 2025/26 à 147 millions de tonnes en 2026/27. Ce recul de 7 millions de tonnes, pour la campagne d’octobre à septembre, est attribué à une forte réduction des surfaces de riz kharif et à une faible mousson dans le sud de l’Inde.
Au 4 septembre, 42,18 millions d’hectares avaient été semés en riz en Inde, contre 43,819 millions un an auparavant. La baisse atteignait 1,637 million d’hectares, même si les surfaces restaient nettement supérieures à la moyenne quinquennale. La comparaison est aussi influencée par les superficies exceptionnellement importantes de la campagne précédente. Le riz est cultivé durant les saisons kharif, rabi et zaid, mais la récolte kharif reste déterminante pour l’offre annuelle.
Les exportations restent élevées malgré le recul
Le USDA Post ne prévoit pas que la moindre récolte perturbe l’approvisionnement intérieur ou les performances à l’exportation de l’Inde. Il maintient les exportations à 25 millions de tonnes en 2026/27, comme en 2025/26. L’Inde pourrait donc continuer à approvisionner ses clients internationaux, mais disposerait de moins de marge pour accroître ses expéditions ou ses stocks.
À l’échelle mondiale, l’IGC prévoit une hausse de 1% de la consommation de riz sur un an, soutenue par la demande des grands marchés asiatiques et africains. Les stocks mondiaux de fin de campagne resteraient proches du niveau prévu en août. Des réserves initiales plus élevées et une réduction de 3 millions de tonnes de la prévision de consommation compenseraient la baisse de production. Les stocks indiens devraient toutefois se contracter modérément.
Commerce record et raffermissement des prix
Le commerce mondial de riz devrait progresser de 3% en 2027 pour atteindre un record de 61,7 millions de tonnes. L’IGC s’attend à ce que la demande d’importation d’Afrique subsaharienne porte cette expansion. La stabilité des exportations indiennes restera donc essentielle pour les acheteurs, surtout si la baisse de production limite la capacité d’autres fournisseurs à répondre à la demande.
Les prix se sont déjà raffermis. Le sous-indice du riz de l’IGC a gagné 3% sur la dernière période, soutenu par la lenteur des ventes des producteurs et la hausse des prix à l’exportation en Inde, en Thaïlande et aux États-Unis. La baisse de la production, la hausse de la consommation et le commerce record ne signalent pas une pénurie immédiate, mais réduisent le coussin du marché. La météo et les décisions indiennes sur les stocks resteront des indicateurs majeurs pour les producteurs, négociants et marchés importateurs.