La récolte belge de pommes et de poires recule après la sécheresse et la grêle
La Belgique prévoit de récolter 166 millions de kg de pommes et 364 millions de kg de poires en 2026. La récolte de pommes sera inférieure de 22 % à la moyenne quinquennale, tandis que celle de poires reculera de 7 % sous l’effet de la sécheresse, de la chaleur, de la grêle et de la baisse des surfaces.
La récolte de pommes est inférieure de 22 % à la moyenne
Les arboriculteurs belges prévoient de récolter 166 millions de kg de pommes et 364 millions de kg de poires en 2026. Après un été sec et chaud et plusieurs épisodes de grêle, les deux volumes seront inférieurs à la moyenne. Selon De Morgen et HLN, les estimations ont été établies par l’Agence flamande de l’agriculture et de la pêche, l’Association des coopératives horticoles belges, des organisations de producteurs et le Boerenbond, sur la base d’une enquête menée auprès d’environ 100 exploitations fruitières.
La récolte de pommes attendue se situe 22 % sous la moyenne des cinq dernières années. Les dégâts météorologiques ont contribué à cette baisse, mais la réduction continue des surfaces constitue le principal facteur. Depuis la campagne 2020-2021, la superficie belge consacrée aux pommiers a diminué d’un quart, réduisant la base de production avant même les difficultés climatiques de cette saison.
Le temps sec et chaud a accentué la pression sur les vergers, tandis que plusieurs orages de grêle ont endommagé les fruits pendant leur croissance. Il y aura donc moins de pommes belges adaptées aux rayons des supermarchés. Une part nettement plus importante de la récolte devrait être destinée à la transformation industrielle, car la grêle a déclassé des volumes considérables par rapport aux normes du marché du frais.
Le manque d’eau réduit le calibre des poires
Les exploitations belges prévoient une production de 364 millions de kg de poires, en baisse de 7 %. Le pays compte 10 619 ha de poiriers. La chaleur et le déficit hydrique ont rendu la saison difficile. Les fruits devraient être plus petits, même si les représentants de la filière estiment que leur goût sera particulièrement prononcé.
Les conséquences diffèrent entre les deux cultures. L’offre de pommes recule sous l’effet combiné de la contraction durable des surfaces et des dégâts météorologiques immédiats. Les poiriers occupent toujours une superficie importante, mais la sécheresse modifie le calibre et donc les volumes et catégories disponibles pour les stations de conditionnement, les distributeurs et les autres acheteurs.
Les producteurs investissent dans l’irrigation, la protection contre la grêle et d’autres technologies afin de limiter les pertes climatiques. La filière diversifie également son offre avec de nouvelles variétés de poires. Les prévisions de cette saison illustrent l’intérêt de ces investissements : la grêle réoriente les fruits des circuits de détail à forte valeur vers la transformation, tandis que le manque d’eau réduit le poids commercialisable même lorsque les arbres continuent de produire.
L’offre européenne est également inférieure à la normale
La baisse de la récolte belge intervient alors que la production devrait aussi diminuer ailleurs en Europe. Les premières estimations situent la récolte de pommes de l’Union européenne à 9,5 millions de tonnes, soit 11 % de moins qu’une récolte normale. La production européenne de poires est évaluée à 1,9 million de tonnes, en retrait de 7 %.
La baisse de la production dans l’ensemble de l’UE signifie que les acheteurs belges ne peuvent pas compter sur une offre régionale abondante pour compenser le recul des disponibilités nationales. L’évolution de la répartition entre marché du frais et transformation pèsera aussi sur les stations de conditionnement et les industriels : les pommes de qualité commerciale seront plus rares, tandis que les circuits industriels absorberont une plus grande part de la récolte belge.
Les organisations professionnelles citent parmi les principaux défis de la prochaine campagne le changement climatique, l’évolution imprévisible des marchés internationaux, les restrictions touchant des produits phytosanitaires essentiels, la disponibilité de la main-d’œuvre et l’alourdissement des obligations administratives. Les producteurs font également face à une multiplication des cahiers des charges et à un soutien de l’UE à l’agriculture jugé limité par la filière. Les arboriculteurs devront vendre une récolte plus faible et moins homogène ; transformateurs et distributeurs devront gérer une offre déterminée autant par les dégâts et le calibre que par le tonnage total.