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Le raisin de cuve espagnol reste parmi les moins chers au monde en 2026

Vinetur estime le prix central du raisin de cuve espagnol à 0,31 € le kilogramme en 2026. Seuls le Chili et l’Argentine affichent des niveaux inférieurs dans l’étude, ce qui avantage les caves mais pèse sur les revenus des viticulteurs.

Le raisin de cuve espagnol reste parmi les moins chers au monde en 2026

L’Espagne se situe en bas du classement international

L’Espagne figure parmi les marchés qui rémunèrent le moins le raisin destiné à la vinification, selon une analyse sectorielle de Vinetur datée du 8 septembre 2026. La publication estime son prix central à 0,31 € le kilogramme. Parmi les pays étudiés, seuls le Chili, à 0,22 €, et l’Argentine, à 0,21 €, se situent plus bas. La Suisse arrive en tête à 2,85 € le kilogramme, soit environ 9,2 fois le niveau espagnol.

La comparaison porte uniquement sur la valeur payée au viticulteur ou qui lui est imputable pour le raisin de cuve. Elle exclut le raisin de table, les raisins secs, le vin en vrac, le vin embouteillé et la valeur de la production vinicole. Vinetur souligne que les données n’ont pas toutes la même solidité statistique : les vendanges 2026 sont terminées chez les grands producteurs de l’hémisphère Sud, tandis que l’Espagne, la France, l’Italie et l’Allemagne ne disposent pas encore de moyennes nationales définitives.

Un écart marqué avec la France et l’Italie

L’estimation espagnole s’appuie sur de grandes transactions observées entre 0,20 € et 0,28 € le kilogramme, d’autres raisins commerciaux autour de 0,35-0,40 € et des catégories à plus forte valeur. Dans certaines zones reconnues, des prix proches de 0,72 € le kilogramme et des coûts de production supérieurs restent en discussion. Vinetur précise toutefois qu’une partie de ces références renvoie aux campagnes récentes et non à des règlements définitifs pour la récolte actuelle. Certains contrats ne sont pas encore formalisés.

L’écart avec les autres grands producteurs européens est important. La valeur normalisée provisoire de la France atteint 1,20 € le kilogramme, environ 3,9 fois l’estimation espagnole. L’Italie se situe à 0,50 €, soit près de 60 % de plus que l’Espagne. L’Allemagne et le Canada sont évalués à 1,05 €, contre 0,52 € pour le Portugal. La France présente aussi une fourchette commerciale très large, de 0,45 € à 8,50 € le kilogramme, en raison de la coexistence de gros volumes courants et de segments haut de gamme, notamment dans une partie de la Champagne.

D’autres fournisseurs européens à bas prix sont plus proches de l’Espagne. La Macédoine du Nord est estimée à 0,32 € le kilogramme, la Géorgie et l’Australie à 0,35 €, la Moldavie à 0,38 €, et la Bulgarie comme l’Italie à 0,50 €. La fourchette indicative publiée en Moldavie est de 6,8-8,2 lei moldaves le kilogramme, soit environ 0,34-0,41 €. Certaines variétés ou raisins à plus forte valeur commerciale bénéficient de primes de 15 %-30 %.

Des coûts favorables aux caves, mais lourds pour les viticulteurs

Pour les caves espagnoles, un raisin peu cher peut soutenir la compétitivité des coûts dans les segments de vins courants, notamment face à la France et à l’Italie. Pour les viticulteurs, le même avantage se traduit par une recette plus faible au kilogramme et une capacité réduite à absorber la hausse des charges du vignoble. L’effet varie selon la région, le cépage, la catégorie de qualité et le contrat, car le chiffre national est une estimation normalisée et non une moyenne définitive.

L’Australie fournit l’un des repères les plus solides de l’étude. Sa moyenne pondérée officielle pour les raisins achetés s’établit à 570 AUD la tonne, soit environ 0,35 € le kilogramme, en baisse de 6 % sur un an. La Nouvelle-Zélande est estimée à 1,11 € le kilogramme, plus de trois fois le niveau australien. Cette comparaison montre qu’une filière viticole développée et tournée vers l’exportation peut fonctionner avec des raisins relativement bon marché. Elle confirme aussi l’influence de la structure du marché, des prix intérieurs, des rendements, des cépages et de la demande sur les revenus des producteurs.

La position de l’Espagne doit donc être lue à la fois comme un signe de compétitivité des coûts et comme un indicateur de pression sur la production agricole, non comme le règlement définitif des vendanges. Tant que les contrats en attente ne seront pas conclus et qu’une moyenne nationale ne sera pas disponible, les 0,31 € resteront provisoires. L’écart avec la France et l’Italie fournit néanmoins déjà aux producteurs, caves et négociants une mesure claire du coût relatif de la matière première espagnole pendant la campagne 2026.

Analyse complète du marché

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