Le porc danois de Guzman y Gomez relance l’étiquetage des menus en Australie
Les éleveurs australiens demandent l’affichage de l’origine sur les menus après la confirmation par Guzman y Gomez d’achats de porc en Australie et au Danemark. Le débat concerne un marché de la restauration où les importations représentent plus de 40 % de la consommation.
Les achats de la chaîne sous surveillance
Les éleveurs porcins australiens réclament un affichage obligatoire du pays d’origine sur les menus après que la chaîne de restauration rapide mexicaine Guzman y Gomez a confirmé s’approvisionner en porc en Australie et au Danemark. Selon ABC News, l’entreprise importe chaque année des centaines de tonnes de porc danois pour ses burritos, tacos et autres produits.
Cette révélation remet en lumière l’écart entre les règles applicables aux aliments emballés et les informations accessibles aux clients des restaurants, pubs et établissements de restauration rapide. Australian Pork Limited, l’organisme représentant la filière, estime que de la viande importée peut être servie sans que les clients sachent où elle a été produite.
Guzman y Gomez a défendu sa politique d’achat, expliquant que ses choix dépendent de la qualité saisonnière, de la disponibilité et des prix. L’éleveur australien Tim Kingma a contesté l’argument de la saisonnalité. Il a déclaré à ABC News que la production porcine fonctionne toute l’année et que les élevages locaux livrent des animaux chaque semaine.
Les importations couvrent une grande part de la consommation
Le débat dépasse le cas d’une seule chaîne. En 2025, l’Australie a importé 167 000 tonnes de porc et de produits porcins, pour une valeur légèrement supérieure à 1 milliard de dollars australiens, selon les chiffres rapportés par ABC News. Les éleveurs estiment que les approvisionnements étrangers représentent plus de 40 % de tout le porc consommé dans le pays.
Le porc importé est utilisé dans la restauration ainsi que dans des produits transformés, notamment le jambon et le bacon. L’Australie autorise les importations de viande porcine sous de strictes conditions de biosécurité destinées à protéger le cheptel national contre les maladies animales exotiques. Ces contrôles déterminent les produits admis et leur mode de transformation, mais ils ne donnent pas aux clients des restaurants une information aussi visible que celle figurant sur de nombreux emballages vendus au détail.
Pour les producteurs nationaux, l’enjeu ne se limite pas à la concurrence des importations. Les restaurants et groupes de restauration rapide achètent de gros volumes réguliers et peuvent changer de fournisseur selon le prix et la disponibilité. Sans affichage sur le menu, le porc australien et le porc importé se retrouvent en concurrence dans un même plat, ce qui empêche les éleveurs locaux de valoriser pleinement la préférence de certains clients pour la viande nationale.
La filière veut s’inspirer des règles sur les produits de la mer
Australian Pork Limited souhaite imposer aux restaurants et aux chaînes des obligations comparables à celles qui encadrent l’affichage de l’origine des produits de la mer. L’organisation juge les pratiques actuelles incohérentes : certaines entreprises mettent volontairement en avant leurs ingrédients australiens, tandis que d’autres ne donnent aucune indication sur l’origine de la viande utilisée dans les plats préparés.
Une étude commandée par Australian Pork Limited et publiée au début de 2026 indique que neuf Australiens sur dix souhaitent connaître l’origine du porc sur les menus. Près des deux tiers seraient prêts à payer un peu plus, selon l’organisation. Ces résultats renforcent l’argument selon lequel l’étiquetage pourrait modifier les choix d’achat, au lieu de simplement ajouter une information administrative.
Une nouvelle obligation concernerait les restaurateurs, transformateurs de viande, distributeurs et importateurs, en plus des éleveurs. Les entreprises devraient suivre le porc dans toute la chaîne d’approvisionnement et corriger les menus en cas de changement de fournisseur. Pour les exportateurs danois, une transparence accrue ne fermerait pas le marché australien, mais rendrait l’origine plus visible dans la concurrence. ABC News a sollicité la ministre fédérale de l’Agriculture, Julie Collins, et son ministère, sans faire état d’une réponse du gouvernement.