PJTAU prévient que les pertes liées à El Niño pourraient renchérir le riz de 30–50%
Une note de politique de l’Université agricole Professeur Jayashankar du Telangana avertit que les pertes de production liées à El Niño pourraient faire grimper les prix mondiaux du riz de 30–50%. Les marchés dépendants des importations seraient particulièrement exposés.
L’étude décrit un scénario de forte hausse
Les prix mondiaux du riz pourraient augmenter de 30–50% si El Niño provoque d’importantes pertes de production, selon une note de politique de l’Université agricole Professeur Jayashankar du Telangana, ou PJTAU. L’avertissement établit un lien direct entre une possible contraction de la production rizicole et une forte hausse des prix sur le marché mondial.
La fourchette annoncée constitue un scénario de risque et non une prévision inconditionnelle. Sa réalisation dépendra de l’effet réel d’El Niño sur la production et de l’ampleur du déficit qui pourrait en résulter. La distinction est essentielle pour les opérateurs : la note évalue la réaction possible des prix à une perte d’offre, sans garantir une hausse quelles que soient les conditions de récolte.
Même le bas de la fourchette représenterait un changement considérable pour une denrée de base. Une hausse de 30% alourdirait les coûts d’achat dans toute la chaîne d’approvisionnement. Une progression de 50% exercerait une pression beaucoup plus forte sur les acheteurs qui ne peuvent pas facilement réduire leur consommation ou remplacer les volumes importés.
Les marchés importateurs sont les plus exposés
Le risque immédiat concerne les pays qui dépendent du marché international pour couvrir leurs besoins intérieurs en riz. Si les pertes de production réduisent l’offre disponible dans le commerce mondial, les importateurs devront se disputer des volumes plus faibles à des prix plus élevés. Les organismes publics d’achat, importateurs privés, rizeries, distributeurs et transformateurs alimentaires pourraient tous être touchés.
Les négociants évolueraient dans un marché déterminé à la fois par la disponibilité physique et par l’incertitude entourant les prochaines récoltes. Les acheteurs peuvent chercher à sécuriser plus tôt leurs cargaisons lorsqu’ils anticipent une hausse. Les vendeurs peuvent se montrer plus prudents avant d’engager des volumes tant que la taille de la récolte reste incertaine. Ce comportement peut réduire l’offre immédiate avant même que les pertes de production soient entièrement visibles.
Les transformateurs et distributeurs devraient également déterminer quelle part de la hausse du coût d’acquisition peut être répercutée sur leurs clients. Les entreprises disposant de faibles stocks ou de marges étroites seraient davantage exposées aux mouvements brusques. Celles qui bénéficient de contrats d’approvisionnement devraient encore évaluer le coût de remplacement après leur expiration.
Les données de production guideront la réaction du marché
La variable centrale est l’ampleur des pertes de production provoquées par El Niño. Un recul limité ou circonscrit à une zone géographique produirait un équilibre différent de déficits simultanés dans plusieurs régions productrices. Tant que l’état des cultures n’apporte pas d’éléments plus précis, la fourchette de 30–50% doit être considérée comme une indication de la sensibilité potentielle du marché à un choc d’offre.
Les producteurs dont les récoltes restent intactes pourraient profiter de prix de vente plus élevés, mais le gain serait inégal. Les exploitations touchées par les mêmes conditions météorologiques pourraient avoir moins de riz à commercialiser, ce qui neutraliserait tout ou partie de l’avantage tarifaire. Les rizeries et exportateurs auraient aussi besoin de volumes physiques suffisants pour bénéficier de cours internationaux plus fermes.
Pour les importateurs, l’avertissement de PJTAU renforce la nécessité de suivre simultanément la production, les stocks disponibles et leurs propres besoins d’achat. Le risque de prix ne vient pas d’El Niño seul : il apparaît lorsque les pertes météorologiques empêchent le marché de satisfaire la demande aux prix existants. L’effet final dépendra donc de la quantité de production perdue et de la réaction des acheteurs et des vendeurs.