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Les pertes après récolte du riz vietnamien atteignent jusqu’à 17,9%

Une enquête dans le delta du Mékong chiffre les pertes de la chaîne rizicole à 17,9% au maximum, la récolte étant l’étape la plus dommageable. De meilleures machines, un séchage rapide et un stockage modernisé peuvent préserver volumes, qualité et revenus agricoles.

Les pertes après récolte du riz vietnamien atteignent jusqu’à 17,9%

Des pertes élevées dans la principale région rizicole

Les pertes après récolte réduisent la valeur de la production rizicole vietnamienne malgré la progression des rendements et des volumes. Une enquête menée en 2023-2024 par l’Institut de stratégie et de politique pour l’agriculture et l’environnement, ISPAE, dans trois provinces du delta du Mékong a constaté que les pertes moyennes de l’ensemble de la chaîne culminaient à 17,9% pendant la campagne été-automne.

VietnamPlus rapporte que les pertes propres aux opérations après récolte dans le delta du Mékong sont estimées entre 13% et 15%, soit environ 6,4 millions de tonnes de riz par an. Dans l’ensemble de la filière vietnamienne, pertes et gaspillage représentent environ 24%, principalement avant la vente au détail. Selon Trần Thị Thanh Nhàn, représentante de l’ISPAE, les pertes et le gaspillage alimentaires coûtent au pays près de 8,9 milliards de dollars par an.

Récolte, séchage et stockage sous pression

La récolte constituait la principale source de pertes dans les provinces étudiées. Des machines inadaptées entraînaient la chute des grains, tandis qu’une récolte tardive exposait les cultures aux inondations et à la germination au champ. L’ISPAE attribue ces difficultés au manque de coordination des équipements, à la qualité inégale des machines et aux compétences limitées des opérateurs.

L’enjeu est considérable puisque le delta du Mékong fournit jusqu’à 90% des exportations vietnamiennes de riz. En 2025, la région représentait 55,7% des surfaces rizicoles et 57,9% de la production nationale, avec un rendement supérieur de 4,1% à la moyenne du pays. Le Vietnam a exporté environ 9 millions de tonnes en 2024, soutenu par des prix élevés et l’importation de plus de 1 million de tonnes de paddy cambodgien.

La technologie de séchage constitue une autre limite. Une enquête du Sous-Institut de génie agricole et de technologie après récolte, SIAEP, auprès de douze sites et coopératives a montré que les séchoirs à lit plat courants traitaient 20-50 tonnes par lot. Le séchage durait 18-22 heures, l’écart d’humidité finale atteignait 3-5% et les ventilateurs à vitesse fixe consommaient inutilement électricité et combustible.

Des essais aux résultats mesurables

Les modèles d’intervention déployés en 2025 à Đồng Tháp, An Giang et Vĩnh Long ont produit des bénéfices quantifiables. Le nivellement laser des parcelles a généré la plus forte valeur supplémentaire, soit environ 4,4 millions de dongs par hectare et par campagne. Une récolte mécanisée effectuée à temps a réduit le risque de pertes de volume de 2,5-5% par rapport à un retard d’un ou deux jours.

Le transport rapide du paddy et l’achèvement du séchage en 24 heures ont réduit les pertes jusqu’à 2,6%. Un dispositif intégré de chaîne de valeur a préservé 1,96-2,67 millions de dongs par hectare. Les essais d’un séchoir amélioré à la coopérative Tấn Đạt ont raccourci la durée moyenne de 15,4%, soit deux à quatre heures par lot. La consommation d’électricité a baissé de 10-14%, celle de combustible de 13-17%, tandis que le rendement en grains entiers a augmenté de 1-3%.

Un meilleur stockage peut prolonger ces gains. Après neuf mois, le riz conditionné sous atmosphère modifiée, en EVOH, sous vide ou avec absorbeur d’oxygène conservait mieux sa couleur, son arôme et ses qualités gustatives. Dans les sacs traditionnels en polypropylène tissé, des charançons apparaissaient dès le deuxième mois. Les emballages améliorés ont porté la conservation à température ambiante à 15-18 mois et ramené la perte de poids de 1,5% à 0,01%. Associés à un stockage frais à 25-27°C, ils ont ralenti 1,4 fois l’altération de la couleur et réduit 4,5 fois les pertes globales. Atteindre l’objectif national inférieur à 8% nécessitera des investissements coordonnés dans les machines, le séchage, le stockage et la formation.

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