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Le Pérou, premier exportateur mondial de myrtilles, veut bâtir une filière fraise

Le Pérou a exporté 373 500 tonnes de myrtilles fraîches pour 2,457 milliards de dollars en 2025, conservant la première place mondiale ravie au Chili en 2019. La filière estime désormais que la fraise peut devenir l'un des produits phares du pays d'ici cinq ans, avec sept plans d'affaires de plus de 2,2 millions de sols déjà enregistrés auprès d'AGROIDEAS.

Le Pérou, premier exportateur mondial de myrtilles, veut bâtir une filière fraise

Le Pérou, premier exportateur mondial de myrtilles fraîches, prépare la construction d'une deuxième filière de petits fruits, cette fois autour de la fraise. Des représentants du secteur estiment que cette culture peut figurer parmi les produits phares du pays d'ici cinq ans. Le portail horticole polonais sadyogrody.pl a rapporté ces projets en citant Fructidor.com et le ministère péruvien du Développement agricole et de l'Irrigation (MIDAGRI).

La myrtille a fixé la référence

En 2015, le Pérou n'exportait que 10 200 tonnes de myrtilles. Dès 2019, le pays dépassait le Chili pour devenir le premier exportateur mondial de ce fruit, position qu'il conserve depuis.

Selon les données du MIDAGRI, le Pérou a expédié 373 500 tonnes de myrtilles fraîches en 2025 pour 2,457 milliards de dollars, soit un volume en hausse de 14,6 % sur 2024. Cela correspond à un prix moyen d'environ 6 580 dollars la tonne, ou près de 6,58 dollars le kilogramme.

La production a été plus importante encore. L'institut national de statistique INEI a recensé environ 404 000 tonnes de myrtilles en 2025, soit 13,86 % de plus qu'un an plus tôt: plus de 90 % de la récolte a donc quitté le pays. La production est concentrée à La Libertad, Lambayeque et Ica.

La myrtille est aujourd'hui le premier poste en valeur des exportations agricoles péruviennes, avec 16,4 % de la valeur FOB des produits agro-exportables en 2025. Cette trajectoire, de volumes marginaux au leadership mondial en un peu plus d'une décennie, sert de repère au projet fraise.

La fraise, prochaine cible

L'objectif à cinq ans a été présenté lors du Premier Congrès international de la fraise - Pérou 2026, tenu le 4 septembre 2026 à l'Université nationale agraire La Molina, à Lima. Le MIDAGRI avait officiellement déclaré l'événement d'intérêt pour le secteur du développement agricole et de l'irrigation en juin 2026.

Le programme ne se limite pas à l'extension des surfaces. Les représentants du secteur décrivent la tâche comme la construction d'une chaîne de production de fraises plus compétitive, capable de servir à la fois le marché intérieur et les acheteurs étrangers.

Ce que la filière juge à corriger

Les participants au congrès ont identifié plusieurs priorités:

  • l'accès aux nouvelles technologies de production;
  • un matériel génétique et des variétés adaptés;
  • le conseil technique aux producteurs;
  • l'amélioration de la qualité des fruits et de la productivité.

Ce sont les mêmes ingrédients qui ont porté l'essor de la myrtille, où variétés sous licence et production côtière concentrée ont permis de monter en volume en une décennie.

Les premiers financements

Le financement reste modeste. Selon AGROIDEAS, sept plans d'affaires consacrés à la production de fraises ont été enregistrés, pour plus de 2,2 millions de sols péruviens. Ces projets doivent bénéficier directement à plus de 160 familles de producteurs des régions de Cajamarca, Apurimac, Cusco et Moquegua, soit moins de 14 000 sols par famille en moyenne.

L'appui comprend du financement, une assistance technique ainsi que les équipements et technologies nécessaires à l'augmentation de la production. Un représentant d'AGROIDEAS a indiqué que certaines exploitations avaient triplé leur production de fraises après la mise en oeuvre de leur plan d'affaires.

Les quatre régions citées ne coïncident pas avec La Libertad, Lambayeque et Ica, où se concentre la myrtille. Aucun objectif de surface, de volume ou d'exportation n'a été publié avec l'horizon de cinq ans, et la filière en est encore à assembler sa chaîne de production plutôt qu'à accroître ses expéditions.

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