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Le Panama supprime les derniers plafonds de prix sur quatre produits alimentaires

Le Panama ne renouvellera pas les prix plafonds du bœuf haché, de l’huile végétale, du lait en poudre et du pain de mie blanc. Le gouvernement mise désormais sur la concurrence et des programmes ciblés d’accès aux produits essentiels.

Le Panama supprime les derniers plafonds de prix sur quatre produits alimentaires

Les quatre derniers produits reviennent aux prix du marché

Le Panama met fin aux derniers contrôles des prix de détail des produits alimentaires. Le bœuf haché, l’huile végétale, le lait en poudre et le pain de mie blanc seront désormais soumis aux mécanismes du marché. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Julio Moltó, a confirmé que le gouvernement ne prévoyait ni de renouveler le décret en vigueur ni de réactiver le dispositif après son expiration, selon Infobae et TVN Noticias.

Cette décision retire les quatre derniers produits d’un régime qui a couvert jusqu’à 22 denrées de base. Les détaillants et fournisseurs ne seront plus tenus par des prix maximums fixés par l’État et pourront mieux répercuter leurs coûts d’achat, la concurrence et la demande. Les ménages perdent toutefois une protection directe contre les hausses de prix de ces produits courants.

Les médias divergent sur la durée de la politique. Infobae fait remonter le dispositif au Décret exécutif nº 165 du 1er juillet 2014, tandis que TVN Noticias affirme que les contrôles ont fonctionné pendant plus de 14 ans. Prévue initialement pour six mois, la mesure est restée en vigueur grâce à des prolongations et modifications successives.

Un long retrait de l’intervention directe

Le Décret exécutif nº 165 avait établi des prix maximums de vente au détail et des marges commerciales brutes pour 22 produits alimentaires. Adopté pendant une période de hausse du coût de la vie, il devait contenir les augmentations jugées disproportionnées et corriger des situations susceptibles de limiter la concurrence, notamment d’éventuelles pratiques monopolistiques préjudiciables aux consommateurs.

La liste a été raccourcie à chaque révision. Huit aliments étaient encore concernés en 2025, avant que le régime ne soit limité au bœuf haché de première qualité, à l’huile végétale, au lait en poudre et au pain de mie blanc. Le riz avait déjà été retiré. L’autorité panaméenne de protection des consommateurs et de la concurrence, Acodeco, avait indiqué que le mécanisme se trouvait dans sa phase finale.

Moltó a déclaré à TVN Noticias que le contrôle prolongé d’un marché censé se réguler lui-même n’était pas sain et que la mesure n’avait pas fonctionné. Le gouvernement estime que les prix alimentaires doivent être déterminés par la libre concurrence et le marché.

Exposition des ménages et soutien ciblé

La suppression des plafonds permettra aux transformateurs, distributeurs et détaillants de répercuter plus rapidement les variations du coût des matières premières, de la logistique et de l’exploitation. Elle pourrait aussi améliorer la disponibilité si les prix réglementés limitaient auparavant les marges des fournisseurs. Les sources ne donnent ni les plafonds actuels, ni les hausses attendues, ni le nombre de ménages concernés. L’effet immédiat sur les dépenses ne peut donc pas encore être chiffré.

Le niveau de concurrence sera déterminant. Lorsque plusieurs fournisseurs et enseignes sont présents, les possibilités de substitution et le choix des consommateurs peuvent limiter les augmentations. Dans les circuits plus concentrés ou les zones comptant peu de magasins, les ménages pourraient être davantage exposés. La surveillance d’Acodeco restera donc pertinente sans plafonds formels.

Le gouvernement entend recourir à d’autres instruments pour faciliter l’accès aux biens essentiels. Moltó a cité le programme Panamá Pa’ Ti et les foires de l’Institut de commercialisation agricole, IMA, qui proposent des paniers de produits de base à prix réduits. L’aide publique passe ainsi de plafonds couvrant l’ensemble du marché à des circuits ciblés.

Un régime distinct subsiste pour les médicaments

La fin des plafonds alimentaires ne supprime pas toute intervention publique dans les prix. Selon Infobae, la Loi 419 de 2024 a créé le Système national de prix de référence des médicaments et l’Observatoire national des médicaments. Le Décret exécutif nº 36, approuvé en septembre 2025, a fixé des références pour 51 médicaments courants. Le Décret exécutif nº 7 du 16 avril 2026 a prolongé cette réglementation de six mois.

Le Panama conserve donc deux approches distinctes : des prix de marché pour les derniers aliments auparavant plafonnés et des références publiques pour certains médicaments. Pour les entreprises alimentaires, cette décision clôt une longue période de réglementation directe des prix de détail. Pour les consommateurs, l’effet dépendra de la concurrence, des coûts des fournisseurs et de la portée des programmes de vente soutenus par l’État.

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