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Le Nicaragua impose l’enregistrement et la traçabilité des porcs

Le Nicaragua impose l’enregistrement de tous les acteurs de la filière porcine. Le document Guiasa deviendra obligatoire pour transporter des porcs le 3 février 2027, avant l’identification des lots et les boucles RFID en février 2028.

Le Nicaragua impose l’enregistrement et la traçabilité des porcs

L’enregistrement couvre toute la filière porcine

Le Nicaragua a créé un système national d’enregistrement et de traçabilité des porcs, étendant la surveillance réglementaire des élevages aux abattoirs et aux usines de transformation. La résolution exécutive 035-2026, adoptée par Ricardo Somarriba, directeur exécutif de l’Institut de protection et de santé agricoles (IPSA), a été publiée au Journal officiel La Gaceta le 3 septembre 2026. L’enregistrement est devenu obligatoire le même jour pour toutes les personnes physiques et morales, publiques ou privées, intervenant dans la filière alimentaire porcine.

La mesure concerne les élevages industrialisés, semi-industrialisés, familiaux et de basse-cour, ainsi que les centres de collecte, les centres génétiques, les négociants, les transporteurs et leurs véhicules. Les abattoirs industriels, les abattoirs municipaux et les usines de transformation doivent également intégrer le système. Son champ d’application est important sur un marché où, selon La Prensa, des milliers de petits producteurs et de ménages élèvent des porcs. De nombreuses entreprises familiales achètent aussi des animaux, les abattent et vendent à domicile de la viande, du chicharrón et d’autres produits.

Les opérateurs doivent s’inscrire dans le système informatique Trazaragro et fournir les coordonnées géographiques de leur établissement. La porcherie ou la principale infrastructure de manipulation des animaux servira de point de référence. Trazaragro attribuera ensuite un Code unique d’établissement (CUE), alphanumérique, permanent et non duplicable. Les établissements disposant déjà d’un CUE pour une autre activité agricole conserveront ce code, auquel l’élevage porcin sera ajouté comme nouvelle unité de production. En cas de changement de propriétaire, l’ancien exploitant devra prévenir l’IPSA.

Contrôle des déplacements et identification électronique

Le déploiement sera progressif. À compter du 3 février 2027, six mois après le début des inscriptions, les porcs ne pourront être transportés au Nicaragua qu’avec un Guide unique de déplacement et de contrôle sanitaire, appelé Guiasa. Ce document autorise et accompagne le déplacement, le transport et le contrôle sanitaire des animaux, mais il ne constitue pas un titre de propriété et ne le remplace pas.

Les porcs déplacés dans le pays devront être identifiables au moyen de dispositifs propres aux élevages, comme des boucles, des encoches auriculaires ou des tatouages, ou par des dispositifs officiels d’identification par radiofréquence. Les reproducteurs devront porter un dispositif officiel. En février 2028, à l’issue de la période maximale de mise en œuvre de 18 mois, l’identification par lots deviendra obligatoire dans les centres de collecte et les animaux devront porter individuellement une boucle RFID. Les infractions pourront être sanctionnées conformément à la législation, mais la résolution ne précise pas la nature des sanctions.

Selon l’IPSA, le programme vise à satisfaire les exigences des marchés internationaux et les normes de l’Organisation mondiale de la santé animale. Il doit également renforcer la protection contre les menaces transfrontalières telles que la peste porcine africaine et consolider le statut du Nicaragua comme pays indemne de peste porcine classique. Des registres plus complets pourraient aider les autorités à déterminer plus rapidement l’origine et les itinéraires des animaux lors d’un incident sanitaire.

Les petits producteurs doutent du calendrier et de sa justification commerciale

Des représentants du secteur de l’élevage interrogés anonymement par La Prensa ont exprimé leur scepticisme quant au calendrier et à la capacité des petits opérateurs à accomplir les démarches. Ils ont rappelé le programme de traçabilité bovine créé au Nicaragua en 2009. Malgré une filière mieux organisée et disposant de davantage de ressources, ce système n’a pas respecté ses délais et n’a pas atteint l’un de ses principaux objectifs : ouvrir le marché de l’Union européenne à la viande bovine nicaraguayenne.

Les informations officielles sur les résultats du programme bovin restent limitées. Selon La Prensa, le rapport de gestion 2023 de l’IPSA, publié en janvier 2024, indiquait que le système comptait 181 000 exploitations et 6,30 millions de bovins. Aucun rapport officiel complet sur les résultats n’a toutefois été publié pendant les 17 années de fonctionnement du programme.

Les professionnels s’interrogent aussi sur la demande internationale à laquelle répondrait le dispositif porcin, puisque le Nicaragua n’exporte pas de viande de porc. Le pays en importe au contraire des volumes importants, notamment des États-Unis grâce aux préférences tarifaires du DR-CAFTA, rapporte La Prensa. L’effet commercial immédiat concernera donc les producteurs, négociants, transporteurs et transformateurs nationaux. Pour les grandes entreprises, la traçabilité peut renforcer le contrôle sanitaire et préparer un futur accès à des marchés extérieurs. Pour les petites exploitations et les élevages de basse-cour, la géolocalisation, l’enregistrement, les documents de transport et l’identification créent de nouvelles charges administratives et de conformité.

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