La moisson 2026 en Ukraine démarre avec des rendements de blé et de maïs en forte hausse
L'Ukraine a entamé sa moisson 2026 avec des rendements précoces en hausse de 56 % sur un an et le blé en progression de 59 %, selon UkrAgroConsult. La production de maïs est estimée au-delà de 32,5 Mt et le blé près de 22,8 Mt, laissant entrevoir un fort potentiel d'export, même si les frappes sur les ports et la hausse du fret ferroviaire assombrissent les perspectives.
Des rendements en hausse au lancement de la moisson 2026
L'Ukraine a commencé sa moisson 2026 avec des rendements nettement plus élevés, rapporte le média agricole français Terre-net, citant le cabinet UkrAgroConsult et le média ukrainien Kurkul.com. Au 3 juillet, le pays avait récolté son premier million de tonnes de la nouvelle campagne sur 251 400 hectares répartis dans quinze régions.
Les céréales et protéagineux précoces atteignent en moyenne 4,07 t/ha, en hausse de 56 % sur un an. Le blé mène la progression avec 4,13 t/ha contre 2,59 t/ha en 2025, un bond de 59 %, tandis que l'orge gagne 48 % et les pois 26 %, selon UkrAgroConsult.
Le risque de chaleur contenu pour l'instant
Un dôme de chaleur ayant porté les températures au-dessus de 35 °C en Roumanie et en Ukraine n'a jusqu'ici causé que des dégâts limités. Le 8 juillet, l'analyste Marius Garrigue écrivait sur Terre-net que le bassin mer Noire enregistrait toujours des températures élevées pour la saison mais « désormais peu critiques » pour les cultures de printemps. Selon UkrAgroConsult, l'épisode n'a duré qu'environ une semaine et a touché des zones localisées aux sols légers et aux faibles réserves d'humidité. Le cabinet a maintenu sa prévision de maïs, tout en avertissant qu'un dépassement de 36 °C durant la pollinisation — qui démarre mi-juillet — assorti de précipitations limitées pourrait faire évoluer rapidement les estimations de récolte et de prix.
De belles récoltes de maïs et de blé en vue
Avec des rendements toujours estimés à 7,3 t/ha, UkrAgroConsult prévoit une production de maïs 2026 supérieure à 32,5 Mt, contre 30 Mt selon l'USDA (30,9 Mt en 2025, 26,8 Mt en 2024). Pour le blé, l'Ukrainian Grain Association (UGA) table sur 22,8 Mt — la moisson la plus élevée depuis le record de 33 Mt de 2021 —, tandis que l'USDA anticipait 23,5 Mt à la mi-juin, contre 24,1 Mt en 2025 et 23,4 Mt en 2024.
Export : fort potentiel, logistique incertaine
La campagne 2025/26, achevée le 30 juin, s'est révélée en demi-teinte : l'Ukraine a expédié 14 Mt de blé (−10 %) et 21,3 Mt de maïs (−3 %), pénalisée par la réintroduction des restrictions d'importation de l'UE et des achats moindres de blé par l'Espagne, selon UkrAgroConsult. Juin a nettement rebondi, de 60 % sur un an à 3,56 Mt, le blé progressant de 89 % et le maïs de 42 %, porté par la demande de l'Égypte, de l'Algérie et de l'Indonésie.
Pour 2026/27, UkrAgroConsult évoque un « fort potentiel d'exportation » en blé. Avec des stocks de report de 5 Mt, les volumes exportables pourraient atteindre 17 Mt (UGA), voire plus de 20 Mt (UkrAgroConsult), contre 14 Mt prudentes de l'USDA. L'export de maïs est estimé à 23 Mt (USDA), même si l'AGPM note que le prix du maïs ukrainien baisse faute de demande turque. Des stocks élevés et un bassin mer Noire bien pourvu laissent présager une pression sur les prix en début de campagne. Jean Jacquez, de FranceAgriMer, s'attend à une compétition de prix « assez féroce » et prévient que le blé européen pourrait se vendre en dessous des coûts de production des agriculteurs.
La logistique reste la principale inconnue. L'AGPM signale une possible hausse de 30 % des tarifs de fret ferroviaire ukrainiens à partir du 1er août, une première en quatre ans, liée aux surcoûts de la guerre. Le vice-ministre ukrainien de l'Économie, Taras Vysotskyi, a déclaré à Reuters que l'intensification des frappes russes sur les ports, les voies ferrées et les infrastructures énergétiques menace les flux exportés. Les volumes traités par les ports d'Odessa, habituellement autour de 6 Mt par mois, pourraient tomber à 4 Mt, une partie de la cargaison étant redirigée vers les terminaux du Danube, tandis que des armateurs réticents font grimper les coûts de fret. UkrAgroConsult ajoute que de possibles retards des expéditions russes, liés à des pénuries de carburant, pourraient soutenir les ventes ukrainiennes si la logistique locale tient.