Le Maroc suspend les droits d'importation sur les ovins vivants et la viande rouge jusqu'à fin 2026
Le Maroc a suspendu les droits d'importation sur les ovins domestiques vivants ainsi que sur les viandes bovine, ovine, caprine et caméline. La mesure est entrée en vigueur le 27 juillet et court jusqu'au 31 décembre 2026. Les importateurs signent déjà des accords pour faire venir du bétail vivant d'Espagne.
Le Maroc suspend les droits d'importation sur les ovins vivants et la viande rouge
Le Maroc a suspendu les droits d'importation applicables aux ovins domestiques vivants ainsi qu'aux viandes bovine, ovine, caprine et caméline. Selon une circulaire de l'Administration des Douanes et Impôts Indirects, la mesure est entrée en vigueur le 27 juillet et restera en vigueur jusqu'au 31 décembre 2026.
L'administration douanière a diffusé l'instruction à ses services régionaux en début de semaine. Elle précise les catégories concernées : les ovins domestiques vivants et la viande d'animaux domestiques des espèces bovine, ovine, caprine et caméline. Pendant la période couverte, ces marchandises peuvent être dédouanées au Maroc sans le droit normalement appliqué à la frontière, ce qui abaisse le coût de revient à l'importation.
Les importateurs misent sur l'approvisionnement espagnol
Les importateurs marocains ont déjà commencé à signer de nouveaux accords pour s'approvisionner en bétail vivant en Espagne, profitant de la suppression du droit. L'Espagne est l'un des plus grands producteurs d'ovins de l'Union européenne et se situe à une courte distance maritime par le détroit de Gibraltar, ce qui en fait le premier fournisseur logique dès lors que le droit disparaît du prix final.
L'exonération porte à la fois sur les animaux vivants et sur la viande en carcasse, offrant aux acheteurs deux voies d'accès au marché : importer des ovins pour l'abattage au Maroc, ou faire venir directement de la viande bovine et d'autres viandes rouges. Cette souplesse compte pour les transformateurs, les grossistes et les négociants qui doivent décider comment sécuriser les volumes et à quel maillon de la chaîne faire passer le produit à la frontière.
Pour l'Espagne, le calendrier est favorable. Son secteur ovin dégage régulièrement un excédent par rapport à la consommation intérieure, et l'accès à un marché nord-africain exempt de droits offre aux exportateurs un débouché supplémentaire, en particulier pour les animaux vivants. La traversée du détroit maintient des délais de transport plus courts que des sources plus lointaines et conforte la place de l'Espagne comme premier point d'achat pour les opérateurs marocains.
Une fenêtre limitée dans le temps
Comme l'exonération expire le 31 décembre 2026, elle fonctionne comme un corridor temporaire et non comme une modification permanente du régime tarifaire marocain. Les importateurs et leurs partenaires espagnols disposent d'un délai défini pour négocier, expédier et dédouaner les contrats avant le retour des droits ordinaires. Les accords signés aujourd'hui doivent être exécutés dans cette fenêtre pour capter l'économie de droit.
L'ampleur de la mesure est notable. En couvrant les ovins vivants aux côtés de quatre catégories distinctes de viande — bovine, ovine, caprine et caméline —, le gouvernement a assoupli les conditions sur l'ensemble du segment de la viande rouge plutôt que de viser un seul produit. Pour les exportateurs espagnols, c'est un marché proche à des conditions améliorées ; pour les acheteurs marocains, un éventail élargi de fournisseurs et de morceaux disponibles sans droit.
La politique dessine aussi l'orientation du commerce marocain de la viande pour le reste de l'année. Tant que la frontière reste de fait moins chère pour la viande rouge et les ovins vivants jusqu'à fin 2026, les volumes d'importation en provenance de l'Union européenne — et de l'Espagne en particulier — sont en position d'augmenter dans les mois à venir, selon la rapidité avec laquelle importateurs et exportateurs transforment les nouveaux accords en expéditions.