Le Maroc reste en tête des légumes de serre importés par l’UE, devant une Turquie en progrès
Les importations moyennes de cinq légumes de serre de l’UE ont atteint 1,33 million de tonnes en 2023-2025, soit 60,1 % de plus qu’en 2015-2017. Le Maroc domine la tomate, tandis que la Turquie progresse dans la tomate et la courgette.
La demande d’importation de l’UE augmente de 60,1 %
Le Maroc et la Turquie ont consolidé leur place de principaux fournisseurs extérieurs de légumes de serre de l’Union européenne, alors que le bloc accroît ses achats hors de ses frontières. Les données couvrent les tomates, poivrons, concombres, aubergines et courgettes, cinq catégories importantes pour la distribution, le commerce de gros et la restauration en Europe.
Selon la publication marocaine 24 Saa, les importations moyennes de ces cinq légumes sont passées de 828 000 tonnes en 2015-2017 à 1,33 million de tonnes en 2023-2025, soit une hausse de 60,1 %. En 2025, le Maroc et la Turquie représentaient ensemble entre 65 % des importations d’aubergines et 91 % de celles de tomates.
Sur la même période de comparaison, les expéditions marocaines des cinq produits vers l’UE ont progressé de 55,9 %, contre 136 % pour la Turquie. D’autres fournisseurs ont également avancé : l’Albanie de 60,9 %, la Tunisie de 193,6 % et l’Égypte de 309,2 %, cette dernière partant toutefois d’un très faible volume. Les importations depuis la Serbie ont reculé de 12 %, celles depuis la Macédoine du Nord de 30,1 % et celles depuis Israël de 63,2 %.
Le Maroc domine la tomate, la Turquie avance
La tomate reste le principal pilier de la position marocaine. Le pays a fourni 68,1 % des tomates importées par l’UE en 2025, après une hausse de 53,4 % du volume acheté au Maroc. Sa part a néanmoins diminué par rapport à 2015, les origines concurrentes ayant progressé plus rapidement.
Les livraisons turques de tomates ont augmenté de 192,5 %, portant leur part à 23 % en 2025. La Tunisie a également gagné du terrain : ses volumes ont progressé de 200,6 % pour atteindre une part de 4,9 %. Le Maroc, la Turquie et la Tunisie assurent ainsi l’essentiel de l’offre extérieure de tomates, avec une concurrence croissante malgré l’expansion du marché.
L’évolution est plus marquée pour les courgettes. Les importations depuis le Maroc ont diminué de 4,5 % et sa part est tombée de 72,5 % en 2015 à 49,1 % en 2025. Les volumes turcs ont augmenté de 92,8 %, faisant passer leur part de 24,2 % à 43 %. Seulement 6,1 points de pourcentage séparent désormais les deux fournisseurs.
La concurrence s’élargit pour les poivrons et concombres
La Turquie est restée le premier fournisseur extérieur d’aubergines avec 57,8 % du marché en 2025, après une hausse de 31,5 % de ses volumes. Pour les poivrons, les importations depuis le Maroc ont augmenté de 80,6 % et celles depuis la Turquie de 83,7 %. Les livraisons israéliennes ont chuté de 60,2 %, ramenant leur part de 18,9 % en 2015 à 3,2 % en 2025. L’Égypte et l’Albanie ont enregistré des hausses de 460,8 % et 401,9 %, mais à partir de volumes limités.
Le marché du concombre compte un nombre croissant de fournisseurs. Les achats de l’UE ont augmenté de 219,4 % auprès de l’Albanie, de 178,9 % auprès de la Turquie, de 168,5 % auprès du Maroc et de 13,3 % auprès de la Serbie. Les données publiées par 24 Saa montrent que le Maroc reste central, surtout pour la tomate, mais que la Turquie réduit l’écart dans plusieurs catégories. Producteurs et exportateurs devront défendre leur position produit par produit.