Le Maroc augmente de 308% ses importations de reproductrices de dinde sur fond de baisse des prix
Le Maroc a importé 25 640 reproductrices de dinde en juillet 2026, soit une hausse annuelle de 308%, tandis que les achats de dindonneaux ont reculé à environ 57 000 unités. Les prix du poulet et de la dinde ont baissé alors que la production et les volumes transformés ont augmenté.
Bond des importations de reproductrices de dinde
Les importations marocaines de reproductrices de dinde ont atteint 25 640 unités en juillet 2026, soit 308% de plus qu’au même mois de l’année précédente, selon Attasiaa. Cette forte hausse témoigne d’investissements accrus dans le cheptel reproducteur destiné à alimenter la production future de dinde. Les importations de dindonneaux ont suivi la tendance inverse, reculant à environ 57 000 unités. Cet écart indique que les entreprises avicoles ont modifié la composition de leurs achats plutôt que d’augmenter simultanément toutes les catégories.
Les autres intrants de reproduction ont également diminué. Les importations de poussins reproducteurs de poulets de chair ont reculé d’environ la moitié, à 241 000 unités, tandis qu’aucun œuf à couver destiné aux poulets de chair n’a été importé en juillet. Les achats de reproductrices de poules pondeuses ont totalisé environ 35 360 unités, en baisse de 28% par rapport à juin 2026. Cette catégorie n’avait toutefois enregistré aucune importation en juillet de l’année précédente, ce qui souligne la volatilité des approvisionnements mensuels.
La hausse de la production pèse sur les prix à la ferme
Les mouvements des importations de reproductrices ont coïncidé avec une nette expansion de la production de viande de poulet. Le volume national a atteint environ 64 190 tonnes en juillet, soit 21% de plus que les 53 200 tonnes produites en juillet 2025 et 8% de plus qu’en juin 2026. Attasiaa estime que l’augmentation de l’offre a pu contribuer à la pression sur les prix, même si la demande et les coûts de distribution influencent également les variations mensuelles.
Le prix moyen du poulet au départ de l’élevage s’est établi à environ 10,45 dirhams le kilogramme en juillet, soit près de 35% de moins que les 16,08 dirhams enregistrés un an plus tôt. Il a néanmoins rebondi par rapport à la moyenne de juin, limitée à 8,57 dirhams le kilogramme. Ces chiffres montrent que le marché est resté volatil malgré un net recul annuel des prix de la volaille.
Le prix de la dinde a suivi une évolution annuelle similaire. Il s’est établi en moyenne à environ 12,23 dirhams le kilogramme en juillet, en baisse de 33% par rapport aux 18,27 dirhams de juillet 2025 et de 3% par rapport au mois précédent. Les gros œufs ont coûté en moyenne environ 0,59 dirham l’unité, soit 51% de moins que les 1,20 dirham de l’année précédente. Leur prix a légèrement progressé par rapport à la moyenne de 0,52 dirham relevée en juin 2026.
Les abattoirs agréés augmentent leurs volumes
Les volumes traités par les abattoirs agréés ont progressé parallèlement à la production nationale de poulet. Environ 9 193 tonnes de viande de poulet ont été transformées en juillet, soit une hausse de 23% sur un an et de 27% sur un mois. Le volume de viande de dinde est passé de 7 284 tonnes en juin à 10 271 tonnes, une progression mensuelle d’environ 41%. Cette augmentation traduit une activité accrue dans le secteur marocain réglementé de l’abattage et de la transformation.
Les indicateurs en amont ont été moins homogènes. La production nationale de poussins de chair d’un jour s’est établie en moyenne à environ 10,74 millions d’unités par semaine en juillet, en baisse de 8% par rapport aux quelque 11,62 millions de juin. Pour les producteurs et les transformateurs, le recul du nombre de poussins, la forte hausse des importations de reproductrices de dinde et l’augmentation des volumes de viande traités dessinent des perspectives d’offre contrastées. Les reproductrices importées peuvent soutenir les capacités futures, mais le calendrier et l’ampleur de toute hausse dépendront du développement des cheptels et de la demande. À court terme, les données de juillet montrent que les transformateurs traitent davantage de viande alors que les éleveurs subissent des prix nettement inférieurs à ceux de l’année précédente.