Le marché letton de la bière recule de 22 % en neuf ans
Les volumes de bière mis à la consommation en Lettonie sont passés de 150,89 millions de litres en 2016 à environ 117,64 millions en 2025, soit une baisse proche de 22 %. La production locale a également reculé dans un contexte de hausse des droits d’accise, des coûts et de la sensibilité des consommateurs aux prix.
Les volumes repartent à la baisse après un bref rebond
Le marché letton de la bière s’est nettement contracté au cours de la dernière décennie, accentuant la pression sur les brasseurs locaux, les distributeurs et leurs fournisseurs. Selon les données du Service letton des recettes publiques sur la circulation des produits soumis à accise, citées par Delfi, 150,89 millions de litres de bière avaient été mis à la consommation en 2016. En 2025, ce volume n’atteignait plus qu’environ 117,64 millions de litres, soit une baisse proche de 22 % en neuf ans.
La brève progression enregistrée en 2024 n’a pas inversé la tendance de fond. La circulation de bière a de nouveau diminué d’environ 6 % en 2025. Par rapport au sommet de la décennie, le marché actuel est inférieur de plus d’un quart. Les données les plus récentes confirment la poursuite du repli : au premier semestre 2026, les volumes mis à la consommation étaient inférieurs de 5,4 % à ceux du premier semestre 2025.
La production et la rentabilité s’affaiblissent
La production nationale suit une évolution comparable. La Lettonie a produit 85,65 millions de litres de bière en 2015, contre 68,54 millions en 2025. Cette baisse d’environ 20 % en dix ans réduit les volumes qui soutiennent les capacités brassicoles, l’emploi et la demande adressée aux secteurs des matières premières agricoles, de l’emballage, de la logistique et aux autres fournisseurs.
D’après Delfi, les rapports annuels 2025 des producteurs montrent également un recul du chiffre d’affaires et du bénéfice agrégés. Les entreprises vendent donc moins et dégagent aussi moins de revenus sur les produits écoulés. Leurs rapports font état d’une diminution des ventes de bière, d’une sensibilité accrue des acheteurs aux prix et d’une hausse des coûts des matières premières, du travail, de l’énergie et des autres ressources.
Les brasseurs tentent d’absorber cette pression en améliorant leur efficacité, en ajustant leurs prix, en lançant de nouveaux produits et en développant d’autres catégories de boissons. Ces mesures peuvent aider certaines entreprises à préserver leurs revenus ou à mieux utiliser leurs actifs, mais leur portée reste limitée lorsque la catégorie principale continue de se contracter. Une hausse des prix de détail pourrait encore freiner la demande, tandis qu’une baisse des marges réduirait les moyens consacrés aux investissements et au maintien des capacités.
La hausse des accises alourdit la charge
La fiscalité devient un enjeu central pour le secteur. La Lettonie a relevé à plusieurs reprises les droits d’accise sur la bière ces dernières années. À compter de 2026, le taux minimum atteint 10,58 € pour 100 litres, et une nouvelle hausse à 11,06 € pour 100 litres est prévue le 1er mars 2027. De nouvelles restrictions concernant la circulation des boissons alcoolisées sont également entrées en vigueur le 1er août 2025.
Ces hausses répondent à des objectifs budgétaires et de santé publique, mais les producteurs ne disposent que de quelques réponses commerciales : augmenter les prix, réduire les coûts ou accepter une baisse des bénéfices. La pression est particulièrement forte puisque la taxe par litre augmente alors que le volume total taxable diminue. Une politique fiscale prévisible sera déterminante pour les décisions des brasseurs locaux concernant l’investissement, le maintien des capacités et le développement d’alternatives à la bière traditionnelle. Pour les distributeurs et les fournisseurs, une nouvelle contraction se traduirait par des flux plus faibles et une concurrence accrue sur un marché plus étroit. Les chiffres rapportés par Delfi montrent que l’efficacité et la diversification peuvent amortir l’impact financier, mais ne suffisent pas à rétablir les volumes de consommation et de production perdus.