Les livraisons ferroviaires d’engrais russes vers la Finlande chutent de 25 fois
Les livraisons russes d’engrais vers la Finlande sont passées d’environ 250 000 tonnes par mois à près de 10 000 tonnes au 21 juillet. La hausse des tarifs ferroviaires frappe un corridor qui alimentait environ un cinquième du trafic du port de HaminaKotka.
Le volume ferroviaire tombe à environ 10 000 tonnes
Les livraisons d’engrais russes vers la Finlande ont presque cessé après la forte augmentation du coût du transport ferroviaire sur le trajet russe. Pronedra, citant le média de Saint-Pétersbourg dp.ru, a indiqué que les volumes avaient été divisés par environ 25 en quelques semaines. Cette baisse perturbe l’un des principaux flux de marchandises traversant la frontière orientale de la Finlande.
Au début de 2026, les engrais russes continuaient d’arriver en Finlande par rail à un rythme moyen d’environ 250 000 tonnes par mois. Au 21 juillet, le volume était tombé à près de 10 000 tonnes. Le radiodiffuseur finlandais Yle a attribué ce recul à la hausse des tarifs ferroviaires russes, qui a rendu l’ancien dispositif de livraison et de transbordement non rentable pour les entreprises concernées.
La route de Vainikkala alimentait HaminaKotka
Les engrais transitaient par Vainikkala, le seul point de passage ferroviaire de fret encore en activité entre la Russie et la Finlande. Après la frontière, les trains rejoignaient la zone portuaire de HaminaKotka. La marchandise y était transbordée avant d’être expédiée vers les marchés internationaux. Le corridor servait donc à la fois le fret bilatéral et le réseau international de distribution d’engrais.
Le trafic ferroviaire entre les deux pays n’est pas entièrement interrompu. Certaines marchandises, notamment l’ammoniac et la matte de nickel, continuent de passer par Vainikkala. L’effondrement des volumes d’engrais prive néanmoins cette liaison de l’un de ses principaux flux réguliers et réduit fortement la quantité de fret disponible pour les terminaux du port finlandais.
Un manque à gagner difficile à compenser
Les représentants de HaminaKotka avaient indiqué que les engrais russes occupaient une place importante dans l’activité portuaire. Selon les estimations rapportées par Pronedra, leur transbordement représentait environ un cinquième du trafic total de marchandises. La direction du port a estimé que ces volumes ne pourraient pas être rapidement remplacés par d’autres cargaisons. Une baisse prolongée toucherait donc les terminaux et les entreprises logistiques associées.
Mikko Grenberg, responsable du contrôle douanier finlandais, a déclaré qu’il était encore impossible de savoir si le transport d’engrais cesserait complètement. La réponse dépendra surtout de la rentabilité des livraisons. Si le coût final du produit devient trop élevé, les entreprises devront rechercher d’autres itinéraires ou fournisseurs. Le corridor n’est pas officiellement fermé : l’enjeu est de savoir si les engrais russes peuvent encore atteindre HaminaKotka à un coût de transport commercialement acceptable.