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En Lituanie, le prix du pain résiste à la baisse des céréales

En trois ans et demi, le blé, le seigle et les prix de production des farines ont baissé d'environ un tiers en Lituanie, mais les produits de boulangerie ont moins reculé ou ont augmenté. Les prix de détail ont diminué en 2026, tandis que les coûts du travail, de l'énergie, de l'emballage et du transport limitent de nouvelles baisses.

En Lituanie, le prix du pain résiste à la baisse des céréales

La baisse des matières premières s'atténue dans la chaîne

Les prix du blé et du seigle ont reculé d'environ un tiers en Lituanie au cours des trois dernières années et demie. Les prix de production des farines de blé et de seigle ont enregistré une baisse presque équivalente. Les produits de boulangerie n'ont pas suivi la même trajectoire, rapporte Delfi à partir d'une analyse du Centre lituanien des données agricoles.

En juillet 2026, le blé coûtait en moyenne environ €0,20 le kilogramme en Lituanie et la farine de blé sortie d'usine environ €0,36. Un kilogramme de baton, un pain blanc courant, valait €1,10 au stade de la production et près de €2,27 en magasin. Les montants sont présentés hors TVA pour permettre la comparaison. Il ne s'agit pas de quatre prix d'un même produit et les écarts ne correspondent pas à un bénéfice : la mouture, la cuisson, l'énergie, le travail, l'emballage, le transport et la vente s'ajoutent entre le grain et le pain fini.

Le baton baisse, mais d'autres pains renchérissent

De janvier 2023 à juillet 2026, le prix de vente du baton à la sortie de l'usine a diminué de 15,3 %. La baisse du blé et de la farine a donc été répercutée, mais dans une proportion nettement inférieure à leur recul d'environ un tiers. Les autres catégories ont évolué dans le sens inverse. Entre juin 2023 et juillet 2026, les prix de production ont augmenté de 5,1 % pour le pain foncé et de 6,2 % pour le pain clair.

Les seuls prix des céréales et de la farine ne suffisent pas à expliquer cette divergence. Les boulangeries supportent aussi le coût de l'énergie, du personnel, des autres ingrédients, des emballages et des moyens de production. Les séries de prix disponibles ne permettent pas d'identifier le facteur dominant ni de tirer des conclusions sur les marges des entreprises. Une telle analyse exigerait les données financières et opérationnelles de chaque société.

Les prix de détail reculent davantage en 2026

La situation s'est améliorée cette année pour les consommateurs. De janvier à août 2026, le prix moyen en magasin a diminué de 11,5 % pour le pain foncé, de 14,5 % pour le pain clair et de 20,7 % pour le baton. Ce dernier a affiché la baisse la plus forte : en août seulement, son prix moyen est passé de €2,75 à €2,45 le kilogramme, soit un recul de 10,9 %.

Les évolutions restent très variables selon les marques et les produits. Le prix du baton vendu sous marque de distributeur, par exemple, n'a presque pas changé depuis le début de l'année. Un prix moyen unique du pain peut ainsi masquer les différences de positionnement, de contrats, de promotions et de décisions tarifaires des enseignes.

Le marché du blé signale une stabilisation

Les indicateurs actuels du marché céréalier donnent peu de raisons d'anticiper une forte hausse du pain provoquée uniquement par le blé ou le seigle. Début septembre, les contrats à terme sur le blé d'Euronext, pour des livraisons de décembre 2026 à mai 2027, se situaient autour de €244–€246 la tonne. Les contrats à terme ne constituent pas une prévision exacte, mais ces niveaux n'indiquaient pas de nouvelle flambée du blé avant le printemps.

Les perspectives de l'offre mondiale envoient un signal similaire. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture prévoit une récolte mondiale de blé d'environ 810,7 millions de tonnes en 2026. Malgré un recul par rapport à l'année précédente, ce volume resterait le deuxième plus élevé jamais enregistré.

Des céréales bon marché ne garantissent pas une nouvelle baisse sensible du pain. Certains produits ont déjà nettement diminué en 2026, tandis que le travail, l'énergie, le transport et les autres coûts limitent les réductions supplémentaires. Selon Evaldas Stankevičius, spécialiste du Centre des données agricoles, les données disponibles suggèrent plutôt une stabilisation accompagnée d'une pression haussière modérée qu'une nouvelle vague brutale d'inflation. Toute forte augmentation l'an prochain devrait donc être examinée sur l'ensemble de la chaîne et ne pourrait être attribuée au seul blé.

Analyse complète du marché

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