Une députée kirghize propose deux usines de transformation de pommes de terre
La députée Rakhat Zhunushbaeva propose de construire au moins deux grandes usines de transformation de pommes de terre au Kirghizstan. Selon elle, le pays importe chaque année environ 10 millions de dollars de frites surgelées.
La proposition vise le manque de capacités locales
La députée kirghize Rakhat Zhunushbaeva a proposé de créer au moins deux grandes usines de transformation de pommes de terre dans le pays. La production locale pourrait remplacer une partie des importations de frites surgelées et offrir aux agriculteurs un débouché plus stable. Selon Economist.kg, elle a soulevé la question le 2 octobre lors d’une réunion du groupe parlementaire Ishenim.
Zhunushbaeva estime que le Kirghizstan dépense environ 10 millions de dollars par an pour importer des frites surgelées. D’après ses chiffres, le produit importé revient à approximativement 100 soms le kilogramme après dédouanement, puis atteint un prix de vente final d’environ 150 soms le kilogramme. Ces données montrent un écart important entre le prix de la pomme de terre brute à la ferme et celui du produit surgelé vendu aux consommateurs et à la restauration.
Il s’agit pour l’instant d’une initiative politique et non d’un projet d’investissement annoncé. Les informations disponibles ne précisent ni les opérateurs potentiels, ni les sites, ni les capacités, ni le coût de construction ou le calendrier. Ces éléments détermineront si deux grandes installations peuvent atteindre un taux d’utilisation suffisant et concurrencer les fournisseurs étrangers établis.
Les producteurs perçoivent 12 à 13 soms le kilogramme
Zhunushbaeva a indiqué que les agriculteurs vendaient leurs pommes de terre environ 12 à 13 soms le kilogramme, alors que le prix augmente fortement avant d’atteindre l’acheteur final. Elle s’est rendue dans des champs des districts de Ton et de Jeti-Oguz pour rencontrer des producteurs. Une filière de transformation nationale pourrait leur offrir un débouché complémentaire au marché du frais, notamment lorsque la récolte dépasse la demande immédiate.
Une offre abondante ne suffit toutefois pas à alimenter une usine de frites. La production industrielle exige des variétés adaptées, des tubercules de taille et de qualité régulières, ainsi que des capacités de stockage, lavage, découpe, friture, surgélation, emballage et distribution sous température contrôlée. Le transformateur devrait également établir des contrats d’achat et des normes de qualité que les agriculteurs peuvent respecter durablement. Sans ces conditions, une récolte importante ne garantit pas un produit fini compétitif.
Zhunushbaeva considère que les usines créeraient des emplois, sécuriseraient un marché pour les agriculteurs et conserveraient davantage de valeur ajoutée au Kirghizstan. L’échelle des prix justifie une étude économique : les 12 à 13 soms le kilogramme payés à la ferme sont très inférieurs aux quelque 100 soms après dédouanement et aux 150 soms du prix final mentionné pour les frites importées. Cet écart ne représente pas le bénéfice du transformateur, car le produit fini comprend aussi les coûts de fabrication, d’huile, d’énergie, d’emballage, de stockage, de transport et de distribution.
La récolte prévue dépasse les besoins nationaux
Le ministère de l’Agriculture prévoit une récolte kirghize d’environ 1,25 million de tonnes de pommes de terre en 2026, pour des besoins intérieurs de 799 700 tonnes, selon Economist.kg. La production dépasserait donc les besoins déclarés d’environ 450 300 tonnes. Cet excédent potentiel renforce l’intérêt de nouveaux débouchés de stockage, de transformation ou de vente extérieure, mais la source ne précise pas quelle part de la récolte répond aux spécifications industrielles des frites.
Le ministère a également proposé de limiter les importations de pommes de terre jusqu’au 1er mars 2027. Cette mesure pourrait soutenir les prix des producteurs locaux, mais elle concerne plus directement l’offre de pommes de terre fraîches que les impératifs techniques et commerciaux des produits surgelés. Les investisseurs devront vérifier si le pays peut fournir des pommes de terre industrielles d’une qualité et d’un coût prévisibles, et si la demande de la restauration et du commerce suffit à alimenter deux grandes usines. Pour les producteurs, des contrats fiables réduiraient le risque de faibles prix pendant la récolte, à condition que les transformateurs fixent des critères clairs et règlent leurs achats à temps.