Le Kazakhstan suspend ses importations de pommes jusqu'au 31 décembre, récolte à 205 200 tonnes
Le ministère kazakh de l'Agriculture interdit l'importation de pommes en provenance de pays tiers et d'États de l'UEEA du 3 septembre au 31 décembre 2026. La récolte 2025 a reculé de 9,2 %, à 205 200 tonnes, pour des importations de 94 400 tonnes. La Pologne a fourni 60,9 % des achats de janvier à juillet 2026.
Le ministère kazakh de l'Agriculture a suspendu les importations de pommes jusqu'à la fin de l'année. Cette mesure de protection intervient en pleine période de commercialisation de la récolte locale : l'interdiction temporaire s'applique depuis le 3 septembre et court jusqu'au 31 décembre 2026 inclus, rapporte DKNews.kz. L'objectif affiché est de protéger les arboriculteurs kazakhs de la pression sur les prix pendant que la production nationale arrive sur le marché.
L'arrêté interdit l'entrée des pommes relevant de la sous-position tarifaire 0808 10 en provenance de pays tiers et des États membres de l'Union économique eurasiatique, et vaut pour tous les modes de transport. Des exceptions subsistent pour le transit, pour les lots expédiés avant l'entrée en vigueur de l'interdiction et pour les pommes déjà effectivement introduites au Kazakhstan. Ces conditions sont détaillées dans une explication officielle des organes des recettes publiques.
La production nationale en baisse de 9,2 % en 2025
La restriction intervient alors que la production kazakhe se contracte. La récolte brute 2025 s'est établie à 205 200 tonnes, en recul de 9,2 % sur un an et de 20,8 % par rapport à 2020. Le rendement moyen a perdu 2,7 %, à 83,9 quintaux par hectare.
Les surfaces reculent plus vite que les rendements. Les vergers de pommiers couvraient 36 000 hectares en 2021 et 20 600 hectares aujourd'hui, les données préliminaires faisant état d'une baisse de 21,1 % pour la seule année 2026. Le Kazakhstan perd donc à la fois des hectares et du volume par hectare.
La structure de la production a elle aussi évolué :
- La première région pomicole n'est plus la région d'Almaty mais celle de Turkestan, avec plus de 42 % de la récolte, soit 86 400 tonnes.
- Dans la région d'Almaty, la production a chuté de 16,7 % sur un an.
- Les entreprises agricoles ont réduit leur récolte de pommes de 44,9 %, à 30 600 tonnes.
- Les exploitations paysannes et familiales ont augmenté leur production de 3,5 %, à 125 300 tonnes, et assurent désormais plus de 60 % de la récolte.
- Les jardins des ménages ont progressé de 0,5 %.
La Pologne a représenté 60,9 % des importations
Les données commerciales confirment une dépendance durable aux achats extérieurs. En 2025, le Kazakhstan a exporté 20 700 tonnes de pommes tout en important 94 400 tonnes. Même si l'intégralité du volume exporté était restée dans le pays, la récolte nationale serait restée nettement inférieure au total formé par la production propre et les importations effectives.
Juste avant l'interdiction, cette dépendance s'est accentuée. De janvier à juillet 2026, le pays a importé 77 800 tonnes de pommes, soit 40,1 % de plus qu'un an plus tôt, selon les tableaux du commerce extérieur publiés par le Bureau national de la statistique. La Pologne en a fourni 47 400 tonnes, en hausse de 82,3 %, ce qui lui donne 60,9 % de l'ensemble des importations kazakhes de pommes. Les expéditions chinoises ont progressé de 39,9 %, tandis que les achats à l'Iran reculaient de 48,1 % et ceux à l'Ouzbékistan de 24,9 %. La fermeture est donc intervenue à un moment où un seul fournisseur assurait plus de la moitié de l'approvisionnement étranger.
La capacité de stockage dessine la courbe des prix
Les prix suivent une saisonnalité nette, ce qui explique l'importance des ventes d'automne pour les producteurs. Pour la récolte de l'an dernier, le prix moyen mensuel le plus bas a été observé en octobre, à 751 tenges le kilogramme ; il a ensuite grimpé à partir de janvier pour culminer à 838 tenges en mai. Un stockage prolongé est potentiellement rentable, mais les capacités spécialisées manquent et les pertes en conservation sont élevées. L'exploitant doit donc arbitrer entre une vente d'automne à bas prix et le coût et le risque d'une conservation jusqu'au printemps.
La hausse des prix reste pour l'instant modérée. De janvier à août 2026, les pommes ont renchéri de 4,5 % sur un an, contre 28,9 % en 2020 et des rythmes annuels d'environ 10 à 12 % entre 2022 et 2025.
L'interdiction traite la campagne de vente, pas la tendance de fond. La récolte a reculé d'environ un cinquième en cinq ans, les surfaces de vergers continuent de se réduire et, sur les sept premiers mois de 2026, le pays a eu besoin de 77 800 tonnes de pommes importées. Le vrai test pour le marché viendra à l'approche de l'hiver, lorsque les stocks nationaux s'amenuiseront et que la restriction expirera le 31 décembre.