Le Kazakhstan fournit 80 % des importations ouzbèkes de pommes de terre au premier semestre 2026
L’Ouzbékistan a importé 421 900 tonnes de pommes de terre pour 34 millions de dollars entre janvier et juin 2026, dont près de 80 % depuis le Kazakhstan. Cette concentration souligne le rôle kazakh dans la couverture des besoins saisonniers et variétaux malgré une production ouzbèke de plusieurs millions de tonnes.
Le Kazakhstan domine l’approvisionnement extérieur
L’Ouzbékistan a importé 421 900 tonnes de pommes de terre depuis 11 pays entre janvier et juin 2026, selon les données du Comité national des statistiques rapportées par nuz.uz. Ces achats ont représenté 34 millions de dollars. Le volume a diminué de près de 46 900 tonnes par rapport à la même période de 2025, mais le pays reste fortement dépendant de son voisin du nord.
Le Kazakhstan a livré 337 900 tonnes, soit environ 80 % des importations ouzbèkes de pommes de terre sur six mois. Ses expéditions étaient presque quatre fois supérieures au volume cumulé du Pakistan, du Kirghizstan, de l’Afghanistan et des Pays-Bas, ce qui révèle une forte concentration de l’offre extérieure.
Le Pakistan arrive loin derrière avec 33 800 tonnes. Le Kirghizstan a fourni 14 800 tonnes, l’Afghanistan 13 500 tonnes et les Pays-Bas 9 700 tonnes. Les autres origines ont totalisé 12 200 tonnes. La proximité favorise les fournisseurs d’Asie centrale, mais le Kazakhstan opère à une échelle nettement supérieure à celle de chaque concurrent.
Les importations complètent une production nationale élevée
Le recours aux importations ne signifie pas que l’Ouzbékistan manque d’une importante filière de pommes de terre. D’après les chiffres préliminaires du Comité national des statistiques, toutes les catégories d’exploitations ont produit environ 4,16 millions de tonnes en 2025. Les importations du premier semestre 2026 ne représentaient donc qu’une partie de la production nationale annuelle, malgré leur volume conséquent.
L’Ouzbékistan prévoit aussi d’accroître sa production. Le ministère de l’Agriculture avait annoncé que la superficie consacrée à la récolte 2026 devait atteindre 284 000 hectares, pour une production attendue d’environ 4,5 millions de tonnes. Le programme associe extension des surfaces, hausse des rendements, semences de meilleure qualité et techniques modernes de culture.
La coexistence d’une production de plusieurs millions de tonnes et d’importations de plusieurs centaines de milliers de tonnes renvoie à d’autres facteurs que le seul bilan annuel. La saisonnalité, le calendrier des récoltes locales, la disponibilité régionale, la qualité et les variétés influencent les achats. Les importations peuvent aussi couvrir l’intervalle entre deux récoltes et des segments insuffisamment servis par la production locale.
Les flux régionaux restent très concentrés
Pour les producteurs et négociants kazakhs, l’Ouzbékistan constitue un grand débouché voisin capable d’absorber des volumes importants. La frontière commune et les trajets courts facilitent la livraison rapide d’un produit volumineux et périssable. Avec 337 900 tonnes, toute évolution de la récolte, des prix intérieurs ou des disponibilités exportables du Kazakhstan peut rapidement toucher les acheteurs ouzbeks.
Pour l’Ouzbékistan, la dépendance à une seule origine apporte à la fois efficacité et risque. Les achats auprès d’un producteur voisin simplifient la logistique, mais une perturbation ou une variation des prix au Kazakhstan serait difficile à compenser rapidement par les flux bien plus faibles des autres pays. Le Pakistan, le Kirghizstan, l’Afghanistan et les Pays-Bas apportent une certaine diversification, sans approcher les volumes kazakhs.
La baisse annuelle de 46 900 tonnes traduit un recul de la demande d’importation au premier semestre, tandis que le Kazakhstan a conservé une part dominante. Les prochains flux dépendront de la réalisation de la récolte prévue de 4,5 millions de tonnes, de sa répartition saisonnière et des effets des meilleures semences et technologies. Pour l’heure, expansion de la production locale et importations massives progressent en parallèle.