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Le Kazakhstan étend son interdiction saisonnière des pommes aux partenaires de l’UEE

Le Kazakhstan interdit du 3 septembre au 31 décembre 2026 les importations de pommes des pays tiers et des autres membres de l’UEE. La mesure peut soutenir les arboriculteurs pendant la récolte, mais le manque de fruits marchands et de stockage menace l’offre hivernale.

Le Kazakhstan étend son interdiction saisonnière des pommes aux partenaires de l’UEE

Une barrière saisonnière désormais étendue aux partenaires

Le Kazakhstan interdit les importations de pommes du 3 septembre au 31 décembre 2026 et applique pour la première fois cette restriction saisonnière aux autres membres de l’Union économique eurasiatique. L’arrêté signé le 1er septembre par le ministre de l’Agriculture par intérim couvre tous les modes de transport depuis les pays tiers et les États de l’UEE. Le produit relève de la sous-position tarifaire 0808 10 de l’UEE.

Selon National Business Kazakhstan, le gouvernement présente la mesure comme un soutien aux arboriculteurs nationaux pendant la récolte. Une interdiction comparable de quatre mois, adoptée en août 2024, était plus limitée : elle concernait uniquement les pays tiers, excluait les livraisons de l’UEE et ne visait que le transport routier. L’arrêté de 2026 supprime ces deux exemptions et ferme un canal régional qui restait auparavant ouvert lorsque les autres approvisionnements étrangers étaient restreints.

Le texte s’appuie sur les lois kazakhes relatives à la sécurité nationale et à la réglementation du commerce, ainsi que sur l’article 29 du traité de l’UEE. Celui-ci autorise des restrictions aux échanges entre membres pour certains motifs d’intérêt public et de sécurité, à condition qu’elles ne constituent ni une discrimination arbitraire ni une entrave déguisée au commerce. Une clarification de la Cour de l’UEE datée du 30 octobre 2017 a établi qu’un accord international distinct n’était pas nécessaire pour instaurer unilatéralement une telle mesure. National Business Kazakhstan souligne toutefois que le caractère potentiellement discriminatoire de cette interdiction reste à trancher.

Les chiffres globaux masquent le déficit de pommes marchandes

Le ministère de l’Agriculture affirme que la production nationale a couvert environ 73 % de la demande kazakhe de pommes en 2025. La consommation a atteint 279 200 tonnes et les importations 94 400 tonnes. La récolte de 2026 est prévue entre 210 000 et 215 000 tonnes, principalement dans les régions du Turkestan, d’Almaty, de Jetyssou et de Jambyl.

Les professionnels s’interrogent sur la part de cette récolte conforme aux exigences de la grande distribution et de l’exportation. Olzhas Svanbayev, directeur d’Apple Bee, a indiqué à National Business Kazakhstan que les statistiques officielles incluaient les vieux vergers et les pommes destinées à la transformation. Il estime que les vergers intensifs ne produisent qu’environ 30 000 tonnes de pommes marchandes dans l’ensemble du pays, tout en précisant qu’aucun décompte exact de ce segment n’existe.

La survie des plants constitue une autre contrainte. Selon Svanbayev, jusqu’à 40 % des plants importés meurent dans un délai de quatre à sept ans, leur génétique étant mal adaptée au climat kazakh. Certains vergers n’atteignent donc pas leur capacité prévue ou disparaissent avant d’avoir amorti l’investissement. Des pépinières locales tentent d’y remédier en cultivant et en adaptant au Kazakhstan du matériel exempt de virus provenant d’obtenteurs européens.

Le déficit de stockage pourrait peser davantage que l’interdiction

Les prix des pommes baissaient déjà avant l’entrée en vigueur de la restriction. Le suivi hebdomadaire du Bureau national des statistiques a relevé des replis de 1,9 % au 29 juillet, de 2,7 % au 19 août et de 1 % au 2 septembre. Le prix moyen s’établissait à 776 tenges le kilogramme durant la semaine achevée le 19 août. Cette évolution a coïncidé avec l’arrivée saisonnière de la récolte nationale et, selon National Business Kazakhstan, les données postérieures au 3 septembre restent insuffisantes pour isoler l’effet de l’interdiction.

Le Kazakhstan compte 72 installations de stockage de fruits, d’une capacité totale de 175 200 tonnes, pour une consommation annuelle de pommes proche de 280 000 tonnes. Svanbayev explique que les prix commencent généralement à monter après novembre, lorsque l’offre fraîche diminue et que le marché dépend des stocks. Les pommes kazakhes sont habituellement épuisées en février, puis remplacées par les importations. D’après lui, le prix de détail a approché 2 000 tenges le kilogramme vers mai 2026.

L’interdiction peut faciliter les ventes des producteurs pendant la récolte, mais elle n’augmente ni le volume de pommes répondant aux normes du commerce ni les capacités de conservation. Après son expiration, les importateurs pourraient devoir réapprovisionner rapidement le marché à mesure que les stocks nationaux diminuent. Pour les producteurs, négociants et distributeurs, l’équilibre de l’hiver 2026–2027 dépendra moins de la mesure frontalière que du volume de fruits adaptés mis en réserve et encore disponible après la campagne.

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