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L'Italie interdit la mention vierge extra sur les mélanges avec de l'huile d'olive vierge

Une circulaire conjointe de trois départements du ministère italien de l'Agriculture (MASAF), signée le 16 juillet, interdit de commercialiser comme vierge extra les mélanges d'huile d'olive vierge extra et d'huile d'olive vierge, qui doivent être étiquetés huile d'olive vierge. La pratique était licite jusque-là et avait été validée par un jugement du tribunal de Pérouse de 2023. Le ministère invoque l'article 7 du règlement (UE) n° 1169/2011 et les critiques de la Cour des comptes européenne dans son rapport 01/2026.

L'Italie interdit la mention vierge extra sur les mélanges avec de l'huile d'olive vierge

L'Italie a refermé une faille d'étiquetage qui permettait de vendre comme vierge extra des mélanges d'huile d'olive vierge extra et d'huile d'olive vierge. Selon Corriere della Sera, une circulaire conjointe de trois départements du MASAF, le ministère de l'Agriculture, signée le 16 juillet, établit que ces mélanges ne peuvent plus être commercialisés comme huile d'olive vierge extra et doivent être étiquetés huile d'olive vierge.

Jusqu'à cette date, la pratique était parfaitement licite. L'huile d'olive vierge est elle aussi obtenue par des procédés exclusivement mécaniques, mais elle n'atteint pas la qualité organoleptique de la vierge extra et son acidité est plus élevée. Corriere della Sera rappelle que la licéité du mélange des deux catégories, avec maintien de la dénomination supérieure sur l'étiquette, avait été confirmée par un jugement du tribunal de Pérouse de 2023, faute d'interdiction européenne expresse.

Pourquoi l'interprétation change

Le revirement intervient après les critiques formulées par la Cour des comptes européenne dans son rapport 01/2026 et au nom de la transparence du marché invoquée par le ministère. Le MASAF estime qu'étiqueter comme vierge extra un mélange contenant de l'huile vierge est trompeur et contraire aux principes de loyauté de l'information posés par l'article 7 du règlement (UE) n° 1169/2011, la règle de base de l'UE sur l'étiquetage des denrées alimentaires.

La lecture du ministère est catégorique: mélanger une catégorie supérieure et une catégorie inférieure fait basculer l'ensemble du lot en huile vierge, et toute référence à la catégorie supérieure sur l'étiquette devient une infraction. La circulaire tranche une ambiguïté ancienne sur l'application en Italie du cadre européen relatif au mélange d'huiles de catégories différentes.

Sanctions et registres

L'interprétation compte surtout parce qu'elle ouvre la voie aux sanctions. Corriere della Sera souligne que les opérateurs qui continueraient à utiliser frauduleusement la dénomination de la catégorie supérieure peuvent désormais être sanctionnés au titre du décret législatif 231/2017. La circulaire comporte en outre des obligations de traçabilité:

  • Les mélanges d'huile vierge extra et d'huile vierge doivent être vendus et déclarés comme huile d'olive vierge.
  • L'usage frauduleux de la mention vierge extra sur ces mélanges expose aux sanctions du décret législatif 231/2017.
  • Les moulins, producteurs et négociants doivent mettre à jour les registres télématiques de l'huile qu'ils sont tenus de tenir, afin de permettre des contrôles précis.

Ce qui change en rayon

Une fois écoulés les stocks étiquetés selon l'ancienne interprétation, des bouteilles d'huile d'olive vierge devraient apparaître en rayon en Italie comme une catégorie visible, la mention vierge extra restant réservée aux huiles de qualité réellement supérieure et, logiquement, plus chères. Corriere della Sera y voit un gain de clarté pour le consommateur et souhaite que d'autres pays producteurs adoptent la même approche.

Pour les embouteilleurs, la conséquence est directe: un produit bâti sur un mélange devra être reformulé avec de la seule huile vierge extra ou accepter une catégorie inférieure sur l'étiquette. Les premiers prix et les marques de distributeurs sont les plus exposés, car c'est là que la marge tirée du mélange pesait le plus. Et comme il s'agit d'une interprétation nationale d'un règlement européen et non d'une nouvelle norme de l'UE, les opérateurs italiens travaillent désormais selon un standard plus strict que leurs concurrents d'autres États producteurs qui approvisionnent le même marché unique.

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