Le secteur électrique italien prévoit jusqu’à 200 milliards d’euros d’investissements
Le secteur électrique italien se prépare à investir entre 15 et 20 milliards d’euros par an, pour un total potentiel de 200 milliards sur 10 ans. Une étude de Teha Group et d’Elettricità Futura relie ce programme à la sécurité énergétique, à la compétitivité industrielle, au PIB et à l’emploi.
La filière présente un programme sur 10 ans
Le secteur électrique italien se prépare à investir jusqu’à 200 milliards d’euros au cours des 10 prochaines années, plaçant les infrastructures électriques parmi les principaux postes d’investissement industriel du pays. Selon Soldionline, les dépenses annuelles prévues se situeraient entre 15 et 20 milliards d’euros.
Ces chiffres proviennent de l’étude stratégique « L’électricité pour une Italie plus sûre et plus compétitive », réalisée par Teha Group avec Elettricità Futura, l’association représentant les principales entreprises électriques italiennes. L’analyse a été présentée lors de la 52e édition du Forum de Cernobbio, consacré à l’économie, à la finance et à la politique.
Le rapport examine une filière électrique élargie, au-delà de la seule production. Il intègre la production et la distribution d’électricité ainsi que l’écosystème industriel associé. Les retombées pourraient donc concerner les énergéticiens, les fournisseurs d’équipements et de technologies, les entreprises d’infrastructures et les spécialistes de l’efficacité énergétique.
Sécurité, compétitivité et retombées économiques
Les investissements doivent soutenir la croissance tout en améliorant la sécurité et la compétitivité du système énergétique italien. La sécurité suppose de garantir un approvisionnement fiable, de réduire les risques de coupure et de limiter une dépendance excessive aux sources étrangères. La compétitivité dépend du coût et de la qualité de l’énergie fournie aux ménages et aux entreprises, en particulier aux industriels présents sur les marchés internationaux.
Teha Group et Elettricità Futura estiment que le programme pourrait accroître le produit intérieur brut et l’emploi grâce aux investissements, à l’innovation technologique, aux gains d’efficacité énergétique et au renforcement des chaînes industrielles liées à l’électricité. Soldionline indique que l’étude chiffre ces retombées, mais le texte fourni ne précise pas les valeurs concernant le PIB ou l’emploi. L’effet recherché dépasse néanmoins les seuls comptes des entreprises électriques.
L’ampleur du programme pose également un défi d’exécution. Maintenir des investissements annuels de 15 à 20 milliards d’euros pendant une décennie exige que les projets passent effectivement de la planification et des autorisations à la construction. Les retards toucheraient les nouvelles capacités, mais aussi les sous-traitants, les fournisseurs de technologies et les industriels ayant besoin d’électricité supplémentaire et de réseaux fiables.
La hausse de la demande place les renouvelables et les permis au premier plan
L’étude prévoit une forte progression de la consommation électrique italienne avec l’électrification de l’économie. Les véhicules électriques, les pompes à chaleur et l’utilisation croissante de l’électricité dans les procédés industriels pour réduire les émissions figurent parmi les moteurs de cette demande. Le texte fourni ne donne pas de prévision chiffrée, mais la tendance attendue impose d’accroître la production et les infrastructures associées.
Teha Group et Elettricità Futura jugent nécessaire d’augmenter la production renouvelable en modernisant les installations existantes et en débloquant plus de 4 000 projets freinés par des oppositions et des retards. Le remplacement d’anciens équipements par des technologies plus efficaces peut accroître la production des parcs éoliens et solaires sans exiger nécessairement de nouveaux terrains. Pour les développeurs et les investisseurs, la rapidité des autorisations sera déterminante : les capitaux annoncés ne créent des capacités qu’une fois les permis obtenus et les chantiers lancés.
Le programme réunit ainsi trois priorités liées : répondre à la hausse de la demande, améliorer la fiabilité de l’approvisionnement et contenir les coûts énergétiques de l’industrie italienne. Son impact dépendra moins du plafond de 200 milliards d’euros que du volume annuel de projets achevés, de la levée des obstacles administratifs et du développement coordonné de la production renouvelable et des réseaux.
Analyse complète du marché