L'Italie verse trois mois plus tôt les aides PAC au riz : 274,6 millions d'euros pour la filière
L'organisme payeur italien Agea a versé 274,6 millions d'euros d'aides de la Politique agricole commune à la filière rizicole nationale au titre des demandes déposées entre 2023 et 2026, sur une surface admissible de 854 695,22 hectares. Pour la campagne 2026, l'avance de 245,17 euros par hectare est payée trois mois avant l'échéance habituelle de novembre, le solde intervenant à partir du 1er décembre 2026. Ce calendrier a été rendu possible par le contrôle satellitaire de l'Area Monitoring System, qui remplace l'essentiel des visites sur le terrain.
L'organisme payeur agricole italien Agea a avancé de trois mois les paiements de la Politique agricole commune (PAC) dus aux riziculteurs du pays et chiffre à 274,6 millions d'euros le soutien public à la filière au titre des demandes déposées entre 2023 et 2026. Ces données ont été présentées lors de la deuxième édition de Risò, le Festival international du riz organisé à Vercelli, et rapportées par soldionline.it.
Les fonds ont été versés via le système des organismes payeurs coordonné par Agea, qui gère une part importante des financements européens et nationaux destinés à l'agriculture italienne. Le montant correspond à une surface admissible de 854 695,22 hectares de riz sur les quatre campagnes de demandes couvertes ; ce chiffre cumulant les dossiers de 2023 à 2026, il ne reflète pas la surface semée d'une seule année. La PAC est le principal instrument de l'Union européenne pour soutenir le revenu et la compétitivité des agriculteurs, par des paiements directs et des interventions de développement rural.
Ce que touchent les exploitations, et quand
Pour la campagne 2026, Agea a autorisé une avance de 245,17 euros par hectare, soit 75% du montant maximal versable à ce stade. Les 25% restants seront réglés à partir du 1er décembre 2026. Selon Agea, le soutien total maximal atteignable s'élève à 370,11 euros par hectare.
La particularité tient au calendrier. L'attribution a démarré trois mois avant l'échéance traditionnelle liée au stade phénologique de novembre, c'est-à-dire la phase du cycle cultural où se concentrent habituellement les contrôles et vérifications au champ avant le versement des aides. Pour les exploitants, ces paiements constituent un soutien direct au revenu, lié aux surfaces cultivées et au respect de certaines pratiques agricoles.
Le satellite remplace les contrôles au champ
Agea attribue ce calendrier avancé à l'Area Monitoring System (AMS), un dispositif de suivi satellitaire des surfaces agricoles. Il exploite les images et les données issues de l'observation continue des parcelles pour vérifier les cultures et le respect des exigences, et se substitue largement aux contrôles traditionnels sur place. Selon l'agence, l'AMS "a permis d'anticiper une phase qui, sinon, serait restée liée aux délais ordinaires du cycle de contrôles".
Dans les faits, la numérisation et la vérification satellitaire permettent de valider plus vite les demandes d'aide et de débloquer plus tôt les flux financiers vers les exploitations. Dans le cadre de ce même chantier, Agea a par ailleurs développé une application dédiée à la filière rizicole, destinée à mettre à disposition informations et données sectorielles.
Le poids de l'Italie dans le riz de l'UE
Agea rappelle que l'Italie couvre plus de la moitié de toute la production rizicole de l'Union européenne, une position qui en fait le premier producteur du bloc. Les chiffres de l'agence pour la filière nationale :
- plus de 50% de la production de riz de l'UE
- environ 220 000 hectares cultivés
- plus de 1,4 million de tonnes par an
La répartition territoriale des paiements confirme le poids des grandes régions rizicoles du nord de l'Italie, où deux régions jouent le rôle décisif. Les autres régions représentent ensemble environ 6% de la surface rizicole nationale, avec de petites productions d'excellence.
Le tableau dressé par Agea montre que les instruments de la PAC, appuyés sur des technologies de suivi avancées, pèsent concrètement sur les flux de liquidités destinés à l'un des secteurs agricoles les plus importants pour l'Italie sur le marché européen.