L’Iran prépare ses exportations de poulet face à la hausse des coûts
L’Iran se prépare à exporter du poulet, une démarche que l’association nationale des éleveurs considère comme un outil de régulation du marché intérieur. Les coûts de production sont estimés à 280 000-290 000 tomans par kilogramme, tandis que l’instabilité des règles, les droits irakiens et la concurrence compliquent les ventes.
Les exportations doivent commencer prochainement
L’Iran se prépare à exporter du poulet alors que sa filière cherche un débouché plus stable pour sa production. Habibollah Asadollahnejad, directeur général de l’association nationale des éleveurs de poulets de chair, a déclaré que les expéditions commenceraient bientôt. La continuité des exportations constitue selon lui un moyen de réguler le marché, rapporte EcoIran.
L’annonce ne précise ni date de lancement, ni volume prévu, ni pays de destination. Elle montre néanmoins la volonté de mobiliser la demande extérieure pour gérer le marché avicole. Un canal régulier offrirait un débouché supplémentaire lorsque l’offre intérieure dépasse la demande immédiate. Un accès intermittent aux marchés étrangers soutiendrait beaucoup moins la planification et les marges des producteurs.
Les coûts de production pèsent sur la trésorerie
Le projet intervient après une forte hausse des charges liée à la suppression du taux de change préférentiel iranien. Asadollahnejad estime désormais le coût de production du poulet à 280 000-290 000 tomans par kilogramme, contre 87 000 tomans avant la suppression de ce taux. Les prix des facteurs de production ont selon lui été multipliés par quatre à cinq.
D’après le responsable, le gouvernement n’a pratiquement accordé aucun financement de fonds de roulement aux éleveurs depuis le changement de politique monétaire. Les exploitations ont donc peiné à financer le renchérissement des intrants. Certaines n’ont pas pu reprendre leur cycle de production, ce qui interroge la capacité du secteur à maintenir ses volumes tout en développant des exportations régulières.
Asadollahnejad a rappelé que la réforme des subventions devait apporter aux éleveurs le soutien nécessaire pour poursuivre leur activité sans recourir à des financements de marché coûteux. Il a également évoqué le portefeuille Novipo, un mécanisme de garantie exigeant des sûretés suffisantes. Ce dispositif existait avant la suppression du taux préférentiel, mais les producteurs n’auraient ensuite bénéficié d’aucun soutien effectif.
Les ventes régionales affrontent droits de douane et concurrence
La disponibilité du poulet ne suffira pas à faire des exportations un outil durable d’équilibrage. Asadollahnejad cite parmi les principaux obstacles l’instabilité de la politique d’exportation, les droits prélevés par l’Irak sur le poulet iranien et la présence de concurrents puissants sur les marchés visés. Ces facteurs peuvent relever le coût final pour les acheteurs régionaux et compliquer la signature de contrats à long terme.
Les droits irakiens sont particulièrement importants, car ils ajoutent un coût frontalier que les élevages iraniens ne maîtrisent pas. Dans le même temps, la concurrence limite leur capacité à répercuter la hausse des intrants et du financement sur les acheteurs. Sans règles prévisibles, les éleveurs risquent d’augmenter leur production pour l’exportation avant de subir un changement de politique en cours d’expédition.
L’impact dépendra de la régularité des flux
Des exportations régulières pourraient absorber l’offre commercialisable et créer une source de revenus supplémentaire. Elles ne soutiendront toutefois le marché intérieur que si la production reste suffisante et si les règles commerciales sont stables. Les chiffres de l’association montrent que la contrainte immédiate ne se limite pas à l’accès aux acheteurs : les exploitations doivent d’abord financer une production devenue beaucoup plus coûteuse.
Les transformateurs et négociants surveilleront désormais le calendrier et le volume des expéditions, les marchés retenus et le traitement des droits irakiens. Les acheteurs nationaux observeront également les effets sur la disponibilité et les prix du poulet en Iran. En l’absence de volume et de calendrier annoncés, l’impact commercial dépendra de la mise en œuvre et de la stabilité durable de la politique d’exportation.