La filière figue de Ma'moulan affiche 10 000 milliards de tomans de chiffre d'affaires annuel
Le chiffre d'affaires annuel de la filière figue du district iranien de Ma'moulan a atteint 10 hemat, soit 10 000 milliards de tomans, rapporte l'agence ISNA, citant le gouverneur du district. Celui-ci affirme que la production se classe deuxième au Moyen-Orient derrière la Turquie. Ni tonnage, ni superficie, ni part exportée, ni taux de change n'ont été publiés.
Le chiffre d'affaires annuel de la filière figue de Ma'moulan, district iranien dont les figues sont promues comme une marque agricole nationale, a atteint 10 hemat, soit 10 000 milliards de tomans. C'est ce qu'a rapporté l'agence de presse iranienne ISNA, citant le gouverneur du district.
Le gouverneur a présenté la figue de Ma'moulan comme l'une des marques agricoles reconnues de l'Iran et a affirmé que la production occupe la deuxième place au Moyen-Orient derrière la Turquie. ISNA a publié ce chiffre d'affaires sans l'accompagner de tonnages, de surfaces plantées, de séries de prix ni de ventilation des exportations.
Ce que représentent 10 hemat
Le hemat est l'abréviation employée par les responsables et les médias iraniens pour hezar miliard toman, soit mille milliards de tomans. Dix hemat équivalent donc à 10 000 milliards de tomans et, au rapport légal fixe de dix rials pour un toman, à 100 000 milliards de rials.
La difficulté commence à la conversion en devises. ISNA n'indique ni taux de change ni période de référence, et l'Iran applique depuis des années plusieurs taux parallèles : le même montant en tomans donne des valeurs très différentes en dollars ou en euros selon le taux retenu. La dépêche ne précise pas davantage si les 10 hemat couvrent les seules ventes au départ des exploitations ou l'ensemble de la chaîne, séchage, conditionnement et gros compris.
La comparaison d'une année sur l'autre se heurte à la même limite. Un chiffre d'affaires libellé en tomans progresse avec l'inflation intérieure et la dépréciation de la monnaie, même quand les volumes récoltés stagnent ou reculent : un montant plus élevé ne prouve donc pas une récolte plus abondante. Sans série de volumes en regard, impossible de séparer l'effet prix de l'effet quantité.
Ce que recouvre la deuxième place
Le classement émane du gouverneur et n'est rattaché, dans la dépêche d'ISNA, à aucun organisme statistique. Plusieurs points restent ouverts :
- s'il porte sur la figue fraîche, la figue sèche ou les deux ;
- s'il est mesuré en volume ou en valeur ;
- à quelle année ou à quelle campagne il se rapporte ;
- si la deuxième place revient à Ma'moulan même ou à l'Iran dans son ensemble, le district étant cité comme bassin de production de référence.
Dans les deux lectures, la référence reste la Turquie. Elle domine le commerce international de la figue sèche, et tout classement régional revient en pratique à disputer la place qui la suit.
Pourquoi un chiffre de district intéresse le négoce
La figue est une culture modeste en tonnage mais chère au kilo, et l'offre de figue sèche se concentre sur quelques origines. La marchandise iranienne joue surtout le rôle d'origine alternative, pas celui de référence de prix. Ceux qui suivent la catégorie s'appuient davantage sur les rapports de récolte locaux et les capacités de transformation que sur les statistiques douanières nationales : pour les produits alimentaires iraniens, elles paraissent de façon irrégulière et sont compliquées par les frictions de paiement et de transport liées aux sanctions.
C'est ce qui rend un chiffre d'affaires de district intéressant même sans volumes : c'est l'une des rares indications publiques sur la taille d'un bassin figuier iranien précis. Pour servir à des décisions d'achat ou d'investissement, il faudrait publier les variables manquantes — tonnes récoltées, hectares de vergers, rendement au séchage, part exportée et marchés de destination. À défaut, les 10 hemat décrivent le poids commercial de l'économie figuière locale en monnaie nationale, guère plus.