L’inflation du fromage pasteurisé en Iran atteint 156,4%
L’inflation annuelle du fromage pasteurisé en Iran a atteint 156,4% au mois de Tir 1405, selon les données du Centre statistique d’Iran citées par Nabz-e Gheymat. La hausse du lait cru, des aliments pour animaux, de l’énergie, des emballages et du transport pèse sur la demande et les marges.
L’inflation du fromage atteint 156,4%
Le marché laitier iranien est entré dans le mois de Shahrivar 1405 sous une nouvelle pression sur les prix. L’inflation annuelle du fromage pasteurisé a atteint 156,4% au mois de Tir, selon les données du Centre statistique d’Iran citées par Nabz-e Gheymat. Un emballage de 400 grammes qui coûtait environ 80 000 tomans un an auparavant peut désormais dépasser 200 000 tomans, d’après la publication. Entre Khordad et Tir, le fromage a encore augmenté de 15,2%.
La hausse concerne l’ensemble des produits laitiers. Le rapport chiffre l’inflation annuelle du lait pasteurisé à 148,4%, celle du yaourt à 127,4% et celle du doogh à 130,9%. Ces augmentations simultanées alourdissent les budgets alimentaires et conduisent de nombreux ménages à réduire ou supprimer des achats autrefois considérés comme courants.
Le lait cru et les aliments importés gonflent les coûts
Nabz-e Gheymat présente la hausse de 100% du prix du lait cru ces derniers mois comme l’une des principales causes du renchérissement du fromage. Cette matière première représente une part importante du coût de fabrication. La dépréciation de la monnaie iranienne et l’augmentation du prix des aliments importés pour animaux, notamment le tourteau de soja et le maïs, ont aussi accru les charges des élevages avant de se répercuter sur les transformateurs.
L’énergie, la main-d’œuvre, la réfrigération, les emballages et le transport ont augmenté en parallèle. Le plastique, le carton et le carburant plus chers alourdissent les dépenses après le départ du lait de l’exploitation, tandis que la sécheresse et la moindre disponibilité des aliments ont limité la production de lait cru dans certaines régions. Selon le rapport, les marges des producteurs ont diminué malgré la hausse des prix de détail, ce qui pourrait freiner l’investissement et affecter la production ainsi que la qualité.
Les prix de détail révèlent un marché segmenté
Un emballage de 400 grammes de fromage blanc Sabah, présenté comme l’un des produits les plus vendus, était proposé à 145 000 tomans, contre 4 450 000 tomans pour un conditionnement de gros de 16 kilogrammes. Le fromage blanc Pegah enrichi en vitamine D3 de 400 grammes coûtait 186 760 tomans, tandis que son fromage blanc iranien pasteurisé relativement gras du même poids était affiché à 139 500 tomans.
Les produits traditionnels et de spécialité étaient nettement plus chers. Un fromage Lighvan de 17 kilogrammes destiné à l’exportation était proposé à 16 990 000 tomans, contre 15 900 000 tomans pour 20 kilogrammes de Lighvan au lait de brebis. Le format de 400 grammes coûtait 790 000 tomans. Le mascarpone Kalleh était vendu 722 950 tomans le kilogramme et 289 000 tomans les 200 grammes, tandis qu’un kilogramme de labneh Ana Kalleh coûtait 440 320 tomans.
L’érosion de la demande menace la filière laitière
Les estimations citées dans le rapport indiquent que la consommation annuelle de produits laitiers par habitant est passée d’environ 130 kilogrammes en 1389 à près de 40 kilogrammes. Nabz-e Gheymat rapporte que les ménages achètent de plus petits formats, choisissent des marques moins chères ou remplacent le fromage par des œufs, des légumineuses et de la viande. Certains consommateurs achèteraient aussi au-delà de leurs besoins immédiats par crainte de nouvelles hausses.
Le rapport juge improbable une baisse des prix du fromage à court terme tant que les coûts de production et le taux de change restent élevés. Une stabilisation nécessiterait une monnaie plus stable et des dépenses de production plus faibles. Les transformateurs doivent couvrir la progression rapide de leurs intrants sans accélérer le recul de la demande par de nouvelles hausses. Les coûts intérieurs risquent également d’affaiblir la compétitivité des produits laitiers iraniens à l’étranger et de réduire les recettes d’exportation.