L’Indonésie vise l’exportation de riz avec des prix mondiaux en hausse et 5,3 millions de tonnes en réserve
L’Indonésie étudie des ventes de riz à la Malaisie et à Singapour alors que la hausse des cours mondiaux valorise son excédent de production. Les réserves publiques gérées par Perum Bulog atteignent 5,3 millions de tonnes, mais les discussions n’ont pas encore produit de commandes fermes.
L’Indonésie se tourne vers les marchés extérieurs
L’Indonésie cherche à exporter du riz alors que les cours mondiaux progressent. Cette orientation constituerait une évolution notable pour un marché traditionnellement tributaire des importations afin de compléter son approvisionnement intérieur. Le ministre de l’Agriculture, Andi Amran Sulaiman, estime que l’excédent de production, l’abondance des stocks publics et la stabilité des prix nationaux permettent au pays de répondre à la demande d’acheteurs étrangers.
Plusieurs pays ont manifesté leur volonté d’importer du riz indonésien, selon le ministre. La Malaisie et Singapour figurent parmi les destinations potentielles, mais les échanges avec leurs gouvernements restent au stade des discussions exploratoires et des négociations. Aucun volume, prix, calendrier de livraison ou type de riz n’a été précisé.
Le cours mondial atteint 13,75 dollars le quintal
ANTARA, citant les données de Trading Economics, a indiqué que le prix mondial du riz s’établissait à 13,75 dollars le quintal le 15 juillet 2026. Il atteignait 12,48 dollars le quintal le 23 juin 2026. La dernière cotation faisait suite à une hausse de 2,21 % et représentait le niveau le plus élevé depuis plus d’une semaine.
Cette progression ouvre une fenêtre d’exportation potentiellement plus rémunératrice pour les fournisseurs indonésiens. Son importance commerciale dépendra toutefois des conditions négociées, des variétés demandées et du coût d’acheminement vers les marchés voisins. La proximité de la Malaisie et de Singapour peut faciliter la logistique, mais le gouvernement n’a annoncé aucun contrat conclu.
Les réserves de Bulog protègent le marché intérieur
Les réserves publiques de riz administrées par l’agence logistique Perum Bulog atteignent actuellement 5,3 millions de tonnes. Selon Amran, la hausse de la production nationale a renforcé les stocks et contribué à stabiliser les prix indonésiens malgré l’augmentation des cours internationaux.
Pour les autorités, ce matelas est indispensable afin de concilier exportations et sécurité alimentaire. Le président Prabowo Subianto a demandé d’accroître la production et de préserver l’autosuffisance, afin de couvrir les besoins intérieurs tout en développant les débouchés extérieurs. Les exportations restent donc subordonnées au maintien d’une offre suffisante et de prix stables dans le pays.
Les négociations détermineront l’effet sur les échanges
Si les ventes aboutissent, le riz indonésien bénéficiera d’un canal commercial régional supplémentaire et les producteurs accéderont à des prix internationaux plus élevés. La Malaisie et Singapour pourront, de leur côté, ajouter une source d’approvisionnement proche. En l’absence de volumes confirmés, l’initiative ne constitue toutefois pas encore une modification importante des flux régionaux de riz.
Le gouvernement accélère également la transformation dans les plantations, l’horticulture et l’élevage afin d’augmenter la valeur ajoutée, de renforcer la compétitivité et de soutenir la croissance. Pour les négociants en riz, l’enjeu immédiat consiste à savoir si les discussions déboucheront sur des commandes fermes et si l’Indonésie pourra maintenir son excédent sans entamer le coussin de 5,3 millions de tonnes ni déstabiliser ses prix intérieurs.