L’Indonésie veut mettre fin aux importations de gazole grâce au biodiesel B50
L’Indonésie prévoit de réduire puis de supprimer ses importations de gazole grâce à une incorporation obligatoire de B50. Le gouvernement estime les économies de devises à Rp170 mille milliards et attend une hausse de la demande intérieure d’huile de palme.
Le B50 au cœur de la stratégie énergétique indonésienne
L’Indonésie avance vers une obligation d’utiliser du biodiesel B50 afin de renforcer son indépendance énergétique et de réduire sa dépendance au gazole importé. Selon le ministère de l’Énergie et des Ressources minérales, ce carburant associe 50% de biocarburant à base d’huile de palme et 50% de gazole conventionnel.
Le gouvernement veut remplacer le carburant importé par une énergie produite à partir de ressources nationales. Metro TV News rapporte que l’arrêt des importations de gazole pourrait permettre à l’Indonésie d’économiser environ Rp170 mille milliards en devises. La mesure réorienterait aussi une plus grande part des dépenses de carburant vers l’économie nationale, notamment vers la filière indonésienne de l’huile de palme.
Dwi Anggia, porte-parole du ministère, a déclaré que l’utilisation d’un biocarburant d’origine nationale devait renforcer la sécurité énergétique tout en soutenant l’activité économique du pays. Dans un communiqué gouvernemental conjoint cité par Metro TV News le 9 octobre 2026, elle a présenté le B50 comme un moyen de faire bénéficier plus directement les communautés et les producteurs agricoles indonésiens de la consommation de carburant.
Entre 3 millions et 4 millions de kilolitres d’importations concernés
Avant la mise en œuvre envisagée du B50, l’Indonésie importait encore environ 3 millions à 4 millions de kilolitres de gazole par an, selon les informations publiées. Ces achats augmentaient les besoins en devises nécessaires pour satisfaire la demande énergétique intérieure et maintenaient le marché des carburants dans une situation de dépendance envers les approvisionnements étrangers.
Le remplacement d’un tel volume modifierait sensiblement les achats de carburant. Les producteurs indonésiens de biodiesel devraient fournir une plus grande partie du marché des transports, tandis que raffineurs, distributeurs et détaillants devraient gérer un carburant composé à parts égales de biodiesel et de gazole conventionnel. Les informations disponibles ne précisent ni le calendrier, ni les capacités requises, ni les investissements nécessaires à l’application de cette obligation.
Les économies de devises annoncées dépendent de la capacité réelle du programme à remplacer les importations. Leur montant sera influencé par le volume de gazole substitué et par le coût du carburant importé. Metro TV News a publié l’estimation de Rp170 mille milliards, sans détailler les hypothèses de prix ni la période de calcul.
Un débouché intérieur accru pour l’huile de palme
Pour la filière indonésienne de l’huile de palme, le B50 créerait une demande intérieure supplémentaire pour une matière première déjà produite à grande échelle dans le pays. Planteurs et transformateurs pourraient profiter de l’élargissement du marché énergétique, tandis que les fabricants de biodiesel occuperaient une place plus importante entre les plantations et les distributeurs de carburant.
Cette politique lie également plus étroitement la sécurité énergétique à l’offre agricole. Une part de 50% de biocarburant signifie que la fiabilité du marché du gazole dépendra davantage de la disponibilité régulière de l’huile de palme, des capacités de transformation en biodiesel et de la distribution. La coordination entre plantations, transformateurs, entreprises pétrolières et services publics sera donc importante pour le fonctionnement du programme.
Pour les importateurs et négociants en gazole, l’effet serait inverse. Si le B50 supprime entièrement le besoin annuel d’importation identifié par le gouvernement, la demande indonésienne de gazole étranger pourrait reculer de 3 millions à 4 millions de kilolitres. La source disponible ne nomme pas les pays fournisseurs actuels et n’indique pas à quelle vitesse les accords d’achat existants pourraient être réduits.
Le plan poursuit donc deux objectifs mesurables : éliminer un besoin récurrent d’importation de gazole et conserver environ Rp170 mille milliards de devises. Son impact dépendra de la capacité du biodiesel indonésien à base d’huile de palme à remplacer les volumes importés de façon fiable et à fournir un mélange à 50% dans l’ensemble du système national de carburants.