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Indonésie : les ministres jugent que le riz importé illégalement sape l'autosuffisance

Le ministre des Finances Suahasil Nazara affirme que le riz entré illégalement en Indonésie entache le programme d'autosuffisance, rapporte Buton Pos. Le ministre de l'Agriculture Amran évalue à 115 millions le nombre d'agriculteurs lésés. Ni volumes ni origines n'ont été précisés.

Indonésie : les ministres jugent que le riz importé illégalement sape l'autosuffisance

Les ministres indonésiens des Finances et de l'Agriculture ont déclaré que le riz entrant illégalement dans le pays nuit au programme public d'autosuffisance rizicole, le ministre de l'Agriculture Amran évaluant à 115 millions le nombre d'agriculteurs lésés par cette pratique, selon une dépêche de Jakarta publiée par Buton Pos.

Deux ministères, un même message

Le ministre des Finances Suahasil Nazara a affirmé que le riz importé illégalement entache la swasembada, la volonté du gouvernement de couvrir la demande intérieure de riz par la production nationale, selon ce compte rendu. La déclaration est notable car le contrôle des frontières et la politique agricole relèvent habituellement de discussions distinctes : douanes et accises dépendent des Finances, tandis que semis, récoltes et achats publics relèvent de l'Agriculture. Voir les deux ministres s'exprimer sur le même sujet indique que le riz arrivé hors des circuits officiels est traité aussi comme une question douanière et budgétaire.

Amran mesure le préjudice en personnes plutôt qu'en tonnes. Le chiffre qu'il avance, 115 millions d'agriculteurs, désigne ceux qui seraient pénalisés par le riz illégal, selon Buton Pos. Dans la version publiée, aucun des deux ministres n'a associé de volume, de valeur ou de période à ces flux.

Pourquoi le riz non déclaré pèse sur le marché intérieur

Les importations de riz vers l'Indonésie sont soumises à autorisation officielle. Les cargaisons qui contournent cette procédure arrivent sans droits de douane, sans contrôle des volumes et sans apparaître dans les statistiques officielles de stocks. Pour les rizeries et les négociants, l'effet concret est une offre parallèle qui concurrence le riz usiné local dans les mêmes circuits de gros, à un coût rendu inférieur, et sur laquelle il est impossible de bâtir un plan d'achat puisque son ampleur reste inconnue.

C'est le calendrier des arrivages qui en fait un problème de prix à la ferme. Les prix producteurs sont les plus exposés pendant la récolte et juste après, lorsque l'offre intérieure culmine et que les rizeries n'ont aucune raison de surenchérir. Les volumes non enregistrés qui arrivent dans cette fenêtre tirent les prix de gros vers le bas au moment précis où les agriculteurs vendent. Pour les pouvoirs publics, le trou statistique compte autant que l'effet prix : les bilans de stocks qui servent à décider d'importer ou de puiser dans les réserves ne valent que par les quantités qu'ils recensent réellement.

Ce que le compte rendu ne précise pas

Le texte publié laisse ouvertes les principales questions commerciales :

  • le volume de riz qui entrerait illégalement, et sur quelle période ;
  • les pays d'origine et les itinéraires empruntés ;
  • l'existence éventuelle de saisies, de poursuites ou de sanctions administratives ;
  • la méthode ayant conduit au chiffre de 115 millions d'agriculteurs, et s'il s'agit de personnes ou de ménages agricoles.

La question du contrôle

Ce type de déclaration ministérielle précède en général un durcissement des inspections plutôt qu'une modification des règles commerciales. Pour les importateurs en règle et pour les exportateurs qui livrent l'Indonésie, le risque immédiat est procédural : davantage de vérifications documentaires, un examen plus serré des certificats d'origine et un dédouanement plus lent dans les ports, le coût des retards pesant sur la marchandise légale et non sur les volumes de contrebande visés.

L'autosuffisance demeure l'objectif affiché, et les deux ministres y rattachent désormais directement le contrôle aux frontières. Tant que les volumes et les origines ne seront pas publiés, le marché travaille toutefois sur un signal politique et non chiffré, et l'ampleur réelle du problème que le gouvernement dit affronter reste inconnue.

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