L’Indonésie prépare ses exportateurs d’huile de palme et de café au règlement européen
L’Indonésie affirme préparer depuis trois ans ses exportateurs d’huile de palme et de café au règlement européen contre la déforestation. Ces exigences restent hors du futur accord commercial avec l’UE, faisant de la traçabilité et de la conformité environnementale des conditions d’accès distinctes.
Les règles environnementales restent hors de l’accord commercial
L’Indonésie prépare ses filières d’huile de palme brute et de café aux exigences de l’Union européenne contre la déforestation, qui resteront distinctes de l’accord commercial prévu avec le bloc. Le ministre du Commerce, Budi Santoso, a déclaré que le règlement européen contre la déforestation, l’EUDR, touchait directement le CPO et les produits agricoles, dont le café.
Lors d’une conférence de presse au ministère du Commerce le 27 août 2026, Budi a précisé que le règlement se situait hors des négociations sur l’accord de partenariat économique global entre l’Indonésie et l’Union européenne, l’IEU-CEPA. Une réduction plus large des obstacles commerciaux grâce à cet accord ne supprimera donc pas l’obligation, pour les exportateurs des produits concernés, de respecter séparément les règles environnementales de l’UE.
Liputan6 a rapporté que les produits indonésiens rencontraient encore des obstacles tarifaires et réglementaires sur le marché européen, notamment l’acier et les marchandises soumises à des normes environnementales. Selon Budi, les questions commerciales relatives à l’acier restent également hors de l’IEU-CEPA, même si le gouvernement attend de l’accord une réduction des autres barrières auxquelles font face les exportateurs indonésiens.
Trois ans de préparation des exportateurs
Le gouvernement indonésien affirme avoir préparé les exportateurs nationaux à l’EUDR grâce à un travail intensif d’information et d’accompagnement. D’après Budi, les campagnes expliquant aux entreprises les mesures nécessaires sont menées depuis trois ans.
Pour les entreprises de l’huile de palme et du café, être prêtes signifie pouvoir satisfaire les exigences européennes indépendamment des éventuels avantages tarifaires de l’IEU-CEPA. Exportateurs et transformateurs ont donc deux tâches parallèles : utiliser l’accord commercial pour améliorer leur accès lorsque cela est possible, tout en maintenant la documentation et les systèmes de conformité nécessaires aux produits couverts par l’EUDR.
Budi a souligné que le règlement devait s’appliquer universellement à tous les pays fournisseurs des produits concernés et ne visait pas uniquement l’Indonésie. Les producteurs indonésiens seront ainsi soumis au même cadre que leurs concurrents souhaitant accéder au marché européen. Leur capacité à documenter les chaînes d’approvisionnement déterminera toutefois leur aptitude à continuer de servir les acheteurs de l’UE.
Un calendrier distinct pour l’accord commercial
Jakarta vise la finalisation de la signature de l’IEU-CEPA au plus tard à la fin d’octobre 2026. Le gouvernement souhaite une entrée en vigueur en janvier 2027 afin d’élargir l’accès des produits indonésiens au marché de l’Union européenne.
Ce calendrier offre aux exportateurs une perspective d’amélioration de l’accès au marché, mais il ne règle ni la charge de conformité environnementale pour l’huile de palme et le café ni les difficultés distinctes concernant l’acier. Les entreprises actives dans les produits agricoles couverts devront toujours démontrer la conformité de leurs approvisionnements au règlement européen, quel que soit l’avancement de l’accord commercial général.
Pour les producteurs, transformateurs et négociants, l’effet commercial dépendra de la transformation des trois années d’information gouvernementale en systèmes réellement opérationnels dans leurs chaînes d’approvisionnement. Les importateurs européens auront également besoin de données fiables de leurs partenaires indonésiens. Le défi immédiat consiste donc à préserver l’admissibilité des produits sur le marché européen pendant que les deux parties avancent sur un accord qui n’intègre pas l’EUDR.
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