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L’Indonésie prépare un décret présidentiel pour sa stratégie cacao jusqu’en 2045

L’Indonésie prépare un décret présidentiel afin de coordonner sa stratégie nationale pour le cacao jusqu’en 2045. Le plan prévoit de renouveler 100 000 hectares, de cartographier les petites exploitations et de renforcer 500 coopératives.

L’Indonésie prépare un décret présidentiel pour sa stratégie cacao jusqu’en 2045

Un décret présidentiel pour coordonner la politique du cacao

Le ministère indonésien de Coordination des affaires alimentaires prépare un décret présidentiel destiné à soutenir le programme stratégique national pour le cacao et à coordonner l’action des ministères et organismes publics jusqu’en 2045, selon ANTARA.

Radian Bagiyono, assistant adjoint chargé d’améliorer la compétitivité des produits de plantation et de l’horticulture, a expliqué que les administrations et les autres acteurs avaient besoin d’un guide opérationnel commun. Le décret doit encadrer une stratégie de développement du cacao pour 2025-2045, divisée en quatre phases.

Le programme associe des mesures concernant la production, l’organisation des petits planteurs, la traçabilité, la transformation et le positionnement international. La priorité immédiate consiste à enrayer le recul de la production tout en préparant les producteurs aux exigences de durabilité des marchés mondiaux.

Renouvellement et traçabilité au cœur de la première phase

La première phase, couvrant 2025-2029, vise à consolider les fondations de la filière et à stabiliser la production. Le gouvernement prévoit de renouveler 100 000 hectares de plantations de cacao, en commençant par Sulawesi, Lampung, Sumatra du Nord, Sumatra occidental et Aceh.

Les autorités vont également cartographier les cacaoyères des petits planteurs, renforcer 500 coopératives et développer l’accompagnement des exploitants dans l’adoption de bonnes pratiques agricoles. Radian a indiqué que les lacunes en matière de traçabilité compliquaient la vente du cacao indonésien à l’étranger.

Le programme concerne une filière dominée par la petite agriculture. Les documents du ministère montrent qu’environ 99 % des surfaces cacaoyères indonésiennes sont exploitées par de petits planteurs. La superficie totale est passée d’environ 1,72 million d’hectares en 2015 à près de 1,37 million en 2025, soit une baisse d’environ 350 000 hectares.

La productivité nationale se situe actuellement entre 0,7 et 0,9 tonne par hectare. Elle reste très inférieure au potentiel des variétés améliorées, estimé à 1,5-2 tonnes par hectare. Réduire cet écart permettrait d’accroître l’offre sans dépendre uniquement d’une extension des surfaces et d’améliorer les revenus potentiels des familles de planteurs.

Transformation et positionnement sur le marché jusqu’en 2045

La deuxième phase, prévue pour 2030-2034, doit accélérer et amplifier le renouvellement, développer une transformation plus inclusive et consolider les coopératives et organisations de planteurs. Le gouvernement prévoit aussi de développer les indications géographiques, d’utiliser les fonds dédiés aux plantations pour soutenir l’amont et d’attirer davantage de jeunes vers la culture du cacao.

Durant la période 2035-2039, l’Indonésie souhaite devenir une référence régionale pour le cacao en Asie. La dernière phase, couvrant 2040-2045, vise à faire du pays un pôle du cacao durable, avec un accent accru sur les cacaos de spécialité et la reconnaissance internationale des marques indonésiennes.

Le décret pourrait offrir aux producteurs, transformateurs et acheteurs un calendrier politique plus lisible, mais les résultats dépendront de la coordination entre administrations et de la mise en œuvre dans les exploitations. Le remplacement des vieux arbres peut réduire temporairement les surfaces productives. Le calendrier des plantations, le financement et l’accompagnement seront donc importants pour les transformateurs qui ont besoin d’un approvisionnement régulier en fèves locales.

Pour les exportateurs, la traçabilité et de meilleurs registres agricoles pourraient faciliter l’accès aux clients étrangers imposant des critères de durabilité. Pour les transformateurs nationaux, de meilleurs rendements et une production plus stable renforceraient la disponibilité des matières premières. Mais les petits planteurs contrôlant presque toutes les surfaces, l’impact commercial dépendra de la capacité des coopératives et des services de conseil à convertir le cadre national en progrès mesurables de rendement et de qualité.

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