L’Indonésie impose aux raffineries de sucre d’exploiter leurs propres plantations de canne
L’Indonésie renforce une règle obligeant les transformateurs et importateurs de sucre à exploiter leurs propres plantations de canne. Le président Prabowo Subianto veut atteindre l’autosuffisance sucrière en deux ans tout en développant la production nationale et en protégeant les agriculteurs.
Le gouvernement réaffirme l’obligation de posséder des plantations
L’Indonésie renforce l’application d’une règle obligeant les entreprises de transformation du sucre à exploiter leurs propres plantations de canne. Cette mesure s’inscrit dans le programme du président Prabowo Subianto visant à accélérer l’autosuffisance sucrière nationale. Le ministre de l’Agriculture, Andi Amran Sulaiman, a déclaré que l’instruction concernait les sucreries et devait accroître la production intérieure de canne et de sucre.
Media Indonesia et Antara ont indiqué que le gouvernement souhaitait que chaque usine de transformation dispose de sa propre base agricole. Selon IDN Times, l’obligation concerne également les importateurs, contraignant les entreprises travaillant avec des approvisionnements étrangers à investir directement dans la production agricole indonésienne.
Il ne s’agit pas d’une nouvelle loi. D’après RM.id, l’obligation est en vigueur depuis 2013–2014. BeritaSatu et Okezone ont cité Amran, selon lequel le gouvernement réaffirme une règle existante parce qu’elle n’a pas été appliquée de manière optimale. L’initiative actuelle porte donc sur son exécution et non sur la création d’un nouveau cadre réglementaire.
Un objectif d’autosuffisance en deux ans
Prabowo a demandé au ministère de l’Agriculture d’accélérer l’autosuffisance sucrière dans un délai de deux ans. Antara a rapporté que le ministère était prêt à travailler selon ce calendrier, tandis que Kontan a présenté l’obligation de disposer de plantations comme un élément d’un programme plus large de renforcement de la production nationale.
Obliger les raffineries à s’approvisionner auprès de plantations qu’elles contrôlent relierait plus directement les capacités industrielles à la production primaire. Les entreprises dépendantes de matières premières achetées ou importées pourraient devoir accéder à des terres, développer des plantations et contrôler plus étroitement leurs livraisons. Les informations publiées ne précisent ni superficie minimale, ni montant d’investissement, ni quota de production, ni sanction en cas de non-respect.
La mesure transfère aussi une partie de la responsabilité de l’expansion de la culture de canne des agriculteurs et de l’État vers les transformateurs industriels. Son effet dépendra de la définition de la propriété ou du contrôle opérationnel, de la rapidité de mise en valeur des terres adaptées et de la capacité des plantations à couvrir les besoins de chaque usine.
Protection des agriculteurs et contrôle du marché
Media Indonesia a indiqué que la politique devait également protéger les producteurs de canne. HM Arum Sabil, président de l’Association indonésienne des producteurs de canne à sucre, l’APTRI, a demandé au gouvernement d’obliger les producteurs de sucre raffiné à planter de la canne, selon Detik. Il a rattaché cette proposition à l’autosuffisance sucrière et à la souveraineté alimentaire nationale.
IDN Times a rapporté que le programme comprenait aussi le renouvellement des cultures et la lutte contre le sucre raffiné illégal. Ces mesures agissent sur les deux volets du marché intérieur : accroître la productivité agricole et limiter les produits non autorisés qui concurrencent l’offre locale.
Pour les producteurs et négociants, le renforcement de la règle accroît l’importance de la traçabilité de la canne et de la séparation entre le sucre industriel et les autres circuits commerciaux. Les investissements des transformateurs pourraient créer une demande supplémentaire pour la canne et les services agricoles, mais les publications ne décrivent ni conditions contractuelles ni dispositifs d’achat.
La mise en œuvre déterminera les effets
La décision fixe une orientation claire à la filière : le raffinage et l’importation doivent être davantage liés à la culture nationale de canne. L’impact commercial immédiat demeure incertain, car aucun calendrier d’application n’a été communiqué au-delà de l’objectif d’autosuffisance en deux ans.
Les acteurs du marché attendront désormais des règles détaillées sur les terres admissibles, les structures de propriété, les raffineries et importateurs existants ainsi que le contrôle du respect des obligations. Ces dispositions détermineront les nouvelles capacités de production de canne et la capacité de la politique à réduire sensiblement la dépendance de l’Indonésie aux approvisionnements extérieurs en sucre.
Analyse complète du marché