Des parlementaires indonésiens réclament un contrôle accru des importations de tabac
Des parlementaires indonésiens veulent mieux aligner les importations de tabac sur les besoins réels de l’industrie et les récoltes nationales. Les fabricants devraient acheter d’abord le tabac local, les importations ne couvrant que le déficit résiduel.
Les importations seraient liées aux pénuries vérifiées
Des parlementaires indonésiens réclament une gestion plus stricte des importations de tabac afin de protéger les producteurs nationaux sans priver les fabricants des matières premières indisponibles localement. Ahmad Heryawan, président de l’Agence des aspirations publiques du Parlement, ou BAM, estime que les importations restent nécessaires lorsque la production nationale ne couvre pas les besoins industriels. Les volumes devraient toutefois correspondre aux pénuries réelles et ne pas concurrencer le tabac que peuvent fournir les agriculteurs indonésiens.
Selon Ngopibareng.id, Heryawan souhaite que le gouvernement calcule les besoins des fabricants avant de fixer les volumes importés. Cette évaluation devrait également intégrer la production agricole de chaque campagne. Le dispositif réserverait une place au tabac local sur le marché intérieur et n’utiliserait les approvisionnements étrangers que pour combler l’écart entre la production nationale et la demande industrielle.
Heryawan a expliqué que si les producteurs indonésiens pouvaient répondre à 80 % ou 90 % des besoins, les importations devraient être limitées au solde. Il n’a fourni aucune donnée actuelle sur la production, la consommation ou les importations. La proposition définit donc un principe de régulation, et non un quota précis ou un calendrier.
Des engagements d’achat offriraient davantage de visibilité
Les préoccupations des parlementaires ne se limitent pas au contrôle des frontières. Heryawan a indiqué que le gouvernement pourrait obliger ou inciter les entreprises du tabac à s’engager à acheter la production des agriculteurs avant de recourir aux importations pour le complément. Ces engagements donneraient aux exploitants une meilleure visibilité sur la demande avant de décider des superficies à planter.
La certitude de débouchés est particulièrement importante, car les cycles agricole et industriel ne coïncident pas toujours. Les producteurs peuvent augmenter les volumes pendant une campagne, puis faire face à une baisse des achats des fabricants au moment de la récolte. Un système reliant les intentions de culture, les prévisions de récolte et les besoins des usines pourrait réduire ce risque tout en assurant aux transformateurs un accès aux matières premières des bassins de production nationaux.
Des achats plus prévisibles pourraient également inciter les agriculteurs à améliorer la qualité du tabac, rapporte Ngopibareng.id. Les fabricants bénéficieraient pour leur part d’une base d’approvisionnement locale plus fiable. La mise en œuvre dépendra de la méthode utilisée pour mesurer la demande industrielle, vérifier l’offre nationale et faire respecter les engagements sans perturber l’approvisionnement des usines.
Les autres règles sur le tabac influencent aussi la demande
Heryawan a souligné que la politique d’importation ne pouvait être dissociée des autres règles applicables aux produits du tabac. Les mesures concernant le goudron, la nicotine, la distribution et l’activité industrielle peuvent réduire les besoins en matières premières des fabricants, puis affaiblir leurs achats auprès des agriculteurs. Il a demandé au gouvernement d’évaluer ces effets avant d’adopter de nouvelles règles.
Le vice-président de BAM, Adian Napitupulu, a lui aussi estimé que les produits agricoles que l’Indonésie est capable de produire devaient disposer d’une place suffisante sur le marché intérieur. Il a rappelé que le tabac fait vivre non seulement des agriculteurs, mais aussi des salariés et des entreprises tout au long de la chaîne de transformation. Les décideurs doivent donc arbitrer entre producteurs, industrie, consommateurs et santé publique.
Les parlementaires ne demandent pas une interdiction immédiate des importations de tabac. Leur modèle ferait de l’achat local la première option et de l’importation une source d’appoint. Pour les agriculteurs, le principal avantage serait une plus grande assurance de trouver des acheteurs. Pour les fabricants et les négociants, la fiabilité des prévisions et la transparence des évaluations sur la qualité et la disponibilité du tabac indonésien deviendraient plus importantes.