L’industrie alimentaire indonésienne requiert 10 millions de tonnes d’huile de palme
L’industrie alimentaire indonésienne consomme environ 10 millions de tonnes d’huile de palme brute par an, tandis que le B50 pourrait en absorber 15,2 à 18,7 millions. Le passage au B60 augmenterait encore la consommation intérieure et pourrait réduire les volumes exportables.
L’alimentaire requiert 10 millions de tonnes
L’industrie alimentaire indonésienne a besoin d’environ 10 millions de tonnes d’huile de palme brute par an, alors que le pays développe son utilisation dans le biodiesel, rapporte HAISAWIT en citant des données de l’Association indonésienne de l’huile de palme, GAPKI. La demande intérieure comprend aussi l’énergie et l’oléochimie, cette dernière nécessitant environ 2,3 millions de tonnes.
Ces chiffres illustrent la concurrence croissante pour l’offre indonésienne. Les transformateurs alimentaires utilisent cette matière première pour produire de l’huile comestible et d’autres produits dérivés, tandis que les obligations d’incorporation orientent des volumes toujours plus importants vers les carburants. L’approvisionnement de l’alimentaire, de l’oléochimie et des marchés d’exportation dépendra donc davantage de la progression de la production.
Le B50 pourrait porter les besoins combinés à 29 millions de tonnes
Avec le B50, les besoins cumulés de l’énergie et de l’alimentaire sont estimés à environ 29 millions de tonnes. Les estimations du secteur et les calculs du ministère de l’Énergie et des Ressources minérales situent les besoins annuels du B50 entre 15,2 et 18,7 millions de tonnes de CPO. Ce volume équivaut à quelque 19 millions de kilolitres d’ester méthylique d’acides gras, ou FAME.
Le gouvernement prépare la mise en œuvre intégrale du B50 avant de passer au B60. Eniya Listiani Dewi, directrice générale des énergies nouvelles et renouvelables et des économies d’énergie au ministère, vise octobre 2026 pour l’entrée en vigueur complète du B50. Fin août 2026, le déploiement national aurait atteint environ 80%, tandis que les autorités continuaient d’évaluer la préparation des entreprises.
Ce relèvement du taux d’incorporation doit réduire la dépendance aux carburants pétroliers importés et favoriser une énergie moins émettrice. Il ferait aussi de l’énergie l’un des principaux débouchés de l’huile de palme indonésienne, avec une influence accrue sur l’allocation des volumes et les prix.
Le B60 accentuerait la tension sur l’offre
Si le programme évolue vers le B60, la consommation intérieure de CPO devrait atteindre environ 35 millions de tonnes. Le B60 nécessiterait à lui seul 22 à 23 millions de tonnes par an, contre une estimation de 16 à 17 millions de tonnes pour le B50.
Cet écart tendrait sensiblement l’équilibre entre carburants, alimentation, oléochimie et exportations. HAISAWIT relève que les volumes exportables de l’Indonésie pourraient diminuer si la production ne suit pas la consommation intérieure. Les acheteurs internationaux et les exportateurs indonésiens seraient concernés, tout comme les transformateurs alimentaires locaux confrontés à une concurrence accrue pour la matière première.
La productivité devient la contrainte centrale
Répondre à la hausse de la demande sans ouvrir de nouvelles terres impose d’améliorer le rendement des plantations. Les mesures envisagées comprennent le renouvellement des palmiers vieillissants, de meilleures pratiques culturales, l’emploi de matériel végétal plus productif et l’extension du programme PSR de replantation destiné aux petits producteurs.
La disponibilité de la matière première devra être évaluée parallèlement au déploiement du biodiesel, afin que la demande énergétique ne perturbe pas l’approvisionnement de l’alimentaire et des autres industries en aval. L’État, les producteurs, les entreprises et les petits planteurs devront coordonner leurs actions pour équilibrer alimentation, énergie, exportations et pérennité du secteur.