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Les importations record de riz fragilisent les producteurs marocains

Les riziculteurs marocains préparent une nouvelle récolte après une campagne combinant production locale abondante et importations record. Les entrepôts sont déjà pleins et la filière attend toujours un plan de sauvegarde.

Les importations record de riz fragilisent les producteurs marocains

Une récolte sous pression

La filière rizicole marocaine prépare une nouvelle phase de récolte après une campagne marquée par deux hausses simultanées : une production nationale abondante et des importations record. Cette combinaison place les producteurs dans une situation difficile au début de la récolte, alors que les entrepôts sont déjà pleins.

Le problème immédiat n’est pas une pénurie de riz, mais la capacité du marché à absorber une production nationale supplémentaire. Les stocks issus de la production locale et des importations occupent les capacités de stockage avant l’arrivée du riz nouvellement récolté. La pression touche ainsi toute la chaîne, des exploitations et centres de collecte aux transformateurs et distributeurs.

Des entrepôts pleins peuvent retarder les livraisons des agriculteurs et affaiblir leur position lors de la négociation des ventes. La situation complique aussi les décisions relatives à la récolte, au stockage et au financement. Le riz doit continuer à circuler dans la chaîne d’approvisionnement, même lorsque les acheteurs détiennent déjà des stocks importants.

Les importations rencontrent l’abondance locale

Les importations complètent généralement l’offre locale, mais leur effet change lorsqu’elles arrivent pendant une période de forte production nationale. Au Maroc, leur niveau record a coïncidé avec une bonne campagne locale, accentuant la pression de l’offre au lieu de combler un déficit de production.

Les éléments disponibles ne précisent ni les volumes importés, ni la production nationale totale, ni les prix, ni les pays fournisseurs. Ils ne permettent donc pas de déterminer la part de la pression liée aux achats internationaux, aux rendements locaux ou à la lente résorption des stocks. Il apparaît toutefois que les professionnels considèrent le cumul des importations record et de l’abondance locale comme une menace avant la récolte.

Les conséquences dépassent les exploitations. Les transformateurs doivent équilibrer l’arrivée du riz local avec les stocks existants et les ventes attendues. Les négociants doivent déterminer si les réserves peuvent être écoulées sans accentuer la pression sur le marché, tandis que les opérateurs de stockage manquent de place pour la nouvelle récolte. Les importateurs pourraient, eux, être appelés à mieux coordonner leurs achats avec le calendrier national.

La filière attend des mesures

Les professionnels marocains du riz attendent toujours un plan de sauvegarde. Les sources ne détaillent ni les mesures envisagées, ni leur calendrier, ni l’autorité chargée de les mettre en œuvre. Cette demande traduit néanmoins la nécessité d’agir avant que la récolte ajoute de nouveaux volumes à des entrepôts déjà occupés.

Toute réponse devra favoriser l’écoulement des stocks actuels et préciser les conditions de coexistence entre production nationale et importations. Le calendrier est déterminant : des mesures adoptées une fois la récolte pleinement engagée protégeraient moins les producteurs que des décisions prises avant l’accélération des livraisons. Tant qu’aucun plan n’est défini, producteurs, transformateurs, négociants et importateurs restent confrontés aux incertitudes sur le stockage et la vitesse d’écoulement du riz.

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