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L'huile de tournesol pourrait baisser en Ukraine si les exportations restent limitées

Le prix de détail de l'huile de tournesol pourrait diminuer en Ukraine avec un décalage allant jusqu'à trois mois si les restrictions à l'exportation continuent de peser sur les graines. Le gain potentiel pour les consommateurs aurait pour contrepartie une baisse des revenus des agriculteurs privés d'un accès maritime suffisant.

L'huile de tournesol pourrait baisser en Ukraine si les exportations restent limitées

L'excédent de graines pèse sur les prix intérieurs

Le prix de l'huile de tournesol pourrait commencer à baisser dans les magasins ukrainiens d'ici environ trois mois si les restrictions actuelles sur les exportations agricoles persistent. Le ministre de la Politique agraire et de l'Alimentation, Taras Vysotskyi, a relié cette prévision au recul du prix intérieur des graines de tournesol, principale matière première des huileries ukrainiennes.

Les prix des graines ont commencé à diminuer en septembre, l'accès restreint aux marchés étrangers ayant retenu davantage de volumes en Ukraine. Selon Socportal, Vysotskyi a attribué ce recul à l'excédent intérieur créé par l'insuffisance des capacités d'exportation. Le ministre a toutefois précisé que la baisse de l'huile en magasin n'était pas garantie : les exportations doivent rester limitées et l'excédent continuer à peser sur les prix d'achat.

La baisse ne sera pas immédiate en magasin

La transmission de la baisse des graines jusqu'aux rayons pourrait prendre jusqu'à trois mois. D'après Sudovo-Yurydychna Gazeta, Vysotskyi estime que les prix à la consommation pourraient être corrigés à la baisse après ce délai si le blocage des ports et les restrictions à l'exportation persistent. La prévision décrit donc un ajustement progressif et conditionnel, et non une baisse à une date fixe.

Les graines représentent une part importante du coût de production de l'huile, sans déterminer à elles seules son prix de détail. ZNAJ rappelle que les transformateurs et les distributeurs supportent aussi des coûts de trituration, de transport, de stockage et de vente. Ces dépenses pourraient limiter l'ampleur de la baisse et expliquent pourquoi le recul des prix d'achat ne se répercute pas immédiatement dans les magasins.

Les perspectives de récolte accentuent la pression sur le marché ukrainien des oléagineux. L'Ukraine prévoit de récolter plus de 12 millions de tonnes de tournesol en 2026, environ 4 millions de tonnes de soja et 4 millions de tonnes supplémentaires de colza. Vysotskyi a indiqué que la récolte totale d'oléagineux pourrait atteindre 20 millions de tonnes. Si les capacités d'exportation ne suffisent pas à écouler ces volumes, les huileries disposeront d'une matière première abondante, tandis que les producteurs subiront une concurrence réduite entre acheteurs.

Les contraintes portuaires divisent les effets sur la filière

La logistique maritime demeure le principal obstacle. Les médias indiquent que les frappes russes et le blocage des ports du Grand Odesa — Odesa, Tchornomorsk et Pivdennyi — ont réduit les expéditions agricoles. Socportal cite des données officielles du ministère de l'Agriculture selon lesquelles l'Ukraine n'a pu exporter en août qu'environ un tiers de son volume agricole potentiel.

Les itinéraires de remplacement passant par les ports du Danube, les points de passage ferroviaires de la frontière occidentale et la route ne peuvent pas se substituer entièrement aux ports maritimes, selon ZNAJ et Sudovo-Yurydychna Gazeta. Ils sont aussi plus coûteux. La poursuite des perturbations maintiendrait davantage de graines dans le pays, faciliterait l'approvisionnement des transformateurs, mais limiterait l'accès des agriculteurs aux acheteurs étrangers et pourrait réduire leurs revenus.

Pour les consommateurs, ce déséquilibre pourrait finalement se traduire par une huile en bouteille moins chère. Pour les huileries, le recul du coût des matières premières peut améliorer l'économie de la transformation, même si la logistique et les autres dépenses d'exploitation restent importantes. Les agriculteurs sont les plus exposés, car l'excédent et le manque de débouchés à l'exportation affaiblissent leur pouvoir de négociation. Une reprise du trafic maritime accélérerait les exportations, resserrerait l'offre locale et réduirait la probabilité d'une baisse des prix de détail dans le délai prévu de trois mois.

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