Le Ghana et le Burkina Faso lèvent les restrictions sur les œufs et les tomates
Le Ghana et le Burkina Faso rétablissent les échanges transfrontaliers d’œufs ghanéens et de tomates burkinabè. Les deux gouvernements créeront un comité technique conjoint et négocieront un accord commercial bilatéral pour limiter les nouvelles perturbations.
Reprise des échanges agricoles dans les deux sens
Le Ghana et le Burkina Faso ont convenu de reprendre immédiatement les exportations d’œufs ghanéens vers le Burkina Faso et les importations de tomates burkinabè au Ghana. La décision supprime des restrictions qui avaient perturbé deux chaînes d’approvisionnement agricoles importantes. Selon Graphic Online, cette avancée fait suite à des discussions bilatérales de haut niveau au Burkina Faso. La délégation ghanéenne était conduite par Elizabeth Ofosu-Adjare, ministre du Commerce, de l’Agro-industrie et de l’Industrie, et Eric Opoku, ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture.
Le Burkina Faso limitait depuis mars les importations d’œufs ghanéens par précaution, en raison de préoccupations sur la qualité des produits provenant de certains pays exportateurs. La mesure concernait particulièrement les approvisionnements originaires de Dormaa, dans la région ghanéenne de Bono, un bassin avicole établi. Sa levée rend le marché burkinabè accessible aux éleveurs, aux exportateurs d’œufs et aux entreprises ghanéennes actives sur ce corridor terrestre.
Le Ghana a de son côté levé sa restriction sur les tomates du Burkina Faso. Ce dernier avait interdit les exportations de tomates fraîches afin de privilégier la transformation locale et de sécuriser l’approvisionnement national. D’après Graphic Online, la mesure nationale est entrée en vigueur en mars 2026. Les premières restrictions ont commencé vers la mi-mars et la date d’application rapportée était le 16 mars 2026. La directive visait tous les opérateurs exportant des tomates fraîches.
La suspension a réduit l’offre au Ghana
La suspension a directement touché les commerçants ghanéens et contribué aux pénuries sur les marchés du Ghana. Elle s’est ajoutée à un choc sécuritaire survenu en février 2026, lorsque des militants armés ont attaqué des commerçants ghanéens près de Titao, dans le nord du Burkina Faso, pendant un déplacement habituel. Sept commerçants ont été tués et plusieurs autres blessés. Les contrôles commerciaux et les risques sécuritaires ont ainsi révélé la vulnérabilité d’une chaîne dépendante de transports routiers réguliers entre les deux voisins.
L’accord protège également une relation commerciale plus large en croissance rapide. Selon une déclaration conjointe des ministères ghanéens du Commerce et de l’Agriculture, les exportations du Ghana vers le Burkina Faso sont passées de 573 millions de dollars en 2024 à 637 millions de dollars en 2025. Cette hausse de 64 millions de dollars confirme l’importance du corridor pour les exportateurs ghanéens et incite les deux gouvernements à régler les différends sectoriels avant qu’ils ne perturbent les autres échanges.
Un mécanisme permanent de règlement est prévu
Le Ghana et le Burkina Faso créeront un comité technique conjoint chargé de traiter rapidement les problèmes commerciaux et d’éviter de nouvelles interruptions. Ils se sont aussi engagés à négocier un accord bilatéral visant à renforcer la coopération économique, réduire les obstacles et améliorer l’accès aux marchés des biens et services. Ce dispositif pourrait offrir aux producteurs et aux négociants un canal formel pour régler les différends sanitaires, qualitatifs et d’approvisionnement avant l’adoption de restrictions.
Pour les fournisseurs ghanéens d’œufs, la mise en œuvre dépendra du respect des exigences de qualité ayant motivé la précaution burkinabè. Les négociants en tomates surveilleront les volumes disponibles, la sécurité des transports et l’équilibre entre les exportations et les besoins des transformateurs burkinabè. Le Ghana prévoit également d’envoyer une délégation de haut niveau au Salon international de l’artisanat du Burkina Faso, élargissant la reprise commerciale aux biens et services ghanéens hors agriculture.