Les contrats à terme malaisiens sur l'huile de palme clôturent en hausse pour une quatrième séance
Les contrats à terme sur l'huile de palme brute au Bursa Malaysia Derivatives ont clôturé en hausse jeudi, portant leur progression à une quatrième séance consécutive, a rapporté l'agence Bernama depuis Kuala Lumpur le 20 août. Le marché malaisien fixe le prix de référence du commerce mondial de l'huile de palme, de sorte que la série se répercute aussitôt sur les offres physiques. La confirmation viendra des estimations d'exportation des sociétés d'inspection et du prochain bilan du Malaysian Palm Oil Board.
Les contrats à terme sur l'huile de palme brute au Bursa Malaysia Derivatives ont clôturé en hausse jeudi, prolongeant leur progression à une quatrième séance consécutive, a rapporté depuis Kuala Lumpur l'agence de presse nationale malaisienne Bernama le 20 août.
Quatre séances de hausse sur la référence mondiale
Le bulletin de marché de Bernama confirme le sens de la clôture mais ne précise, dans les éléments disponibles, ni les niveaux de règlement ni l'ampleur du mouvement. Le contrat d'huile de palme brute de la place malaisienne, coté en ringgits la tonne, sert de prix de référence au commerce mondial de l'huile de palme, et une succession de clôtures en hausse est lue par les négociants physiques comme un signal qui dépasse largement la récolte malaisienne.
La Malaisie est le deuxième producteur mondial d'huile de palme derrière l'Indonésie, et son marché à terme assure la formation des prix pour l'ensemble du complexe des huiles végétales. Raffineurs, triturateurs et importateurs d'Asie et d'Europe valorisent les cargaisons physiques avec un différentiel par rapport à la référence Bursa Malaysia, si bien que des clôtures successives en hausse se retrouvent rapidement dans les offres d'huile de palme brute et raffinée, d'oléine, de stéarine et d'huile de palmiste.
Ce qui fait bouger la courbe de l'huile de palme
Ni le titre de Bernama ni le résumé qui l'accompagne n'isolent un facteur unique derrière cette progression de quatre séances. En pratique, le contrat réagit à un jeu récurrent de variables que les desks d'huiles végétales suivent au quotidien:
- Les huiles concurrentes. L'huile de soja au Chicago Board of Trade, les contrats d'huile de soja et d'oléine de palme au Dalian Commodity Exchange, ainsi que les cours des huiles de tournesol et de colza, fixent la frontière de substitution pour les acheteurs sensibles au prix.
- Les prix de l'énergie et la politique des biocarburants. Le niveau du pétrole brut et les mandats d'incorporation en Indonésie et en Malaisie déterminent la part d'huile de palme détournée de la chaîne alimentaire vers le carburant.
- Le ringgit. L'huile de palme est cotée en monnaie malaisienne, si bien que les mouvements de change modifient ce que paient réellement les importateurs travaillant en dollars.
- Le rythme des exportations. Les estimations d'expédition des sociétés d'inspection AmSpec Agri Malaysia et Intertek Testing Services, publiées au fil du mois, constituent la première lecture de la demande.
- Stocks et production. Le bilan mensuel du Malaysian Palm Oil Board sur la production, les exportations et les stocks de clôture reste la donnée d'ancrage du contrat.
Conséquences pour les acheteurs et les huiles concurrentes
Pour les importateurs, un mouvement durable sur la référence de Bursa compte surtout par l'écart avec les huiles douces. La position commerciale de l'huile de palme repose sur sa décote face au soja et au tournesol. Lorsque le contrat palme monte sans que les autres suivent, cette décote se resserre et les acheteurs sensibles au prix en Inde, en Chine, au Pakistan et au Bangladesh ralentissent en général leurs achats à terme ou réorientent une partie de leur programme vers des solutions de substitution. Les raffineurs porteurs de ventes non couvertes sont touchés les premiers, leur coût matière suivant la référence alors que le prix du produit fini ne bouge pas.
Du côté de l'offre, des cours à terme plus fermes améliorent le compte d'exploitation des planteurs malaisiens et indonésiens ainsi que des huileries qui achètent les régimes de fruits frais, mais ils alourdissent les intrants des industriels de l'agroalimentaire, de l'oléochimie et des incorporateurs de biodiesel. Les programmes d'incorporation malaisien et indonésien concurrencent la demande à l'exportation sur les mêmes volumes, et les phases de fermeté relancent régulièrement le débat sur le coût de ces obligations.
Le test immédiat est celui de la confirmation. Une hausse de quatre séances bâtie sur le positionnement plutôt que sur l'enlèvement physique reste fragile; celle que soutiennent des données d'exportation et un resserrement des stocks tient davantage. Les prochaines estimations des sociétés d'inspection et la publication suivante du Malaysian Palm Oil Board trancheront entre les deux.