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La filière orange italienne recule face à la baisse de la consommation et aux importations

La baisse des surfaces et des rendements, la hausse des coûts, la faiblesse de la demande et le poids de la grande distribution fragilisent la filière italienne. Les importations dépassent 153 000 tonnes, tandis que seulement 5-7 % de la production nationale est exportée.

La filière orange italienne recule face à la baisse de la consommation et aux importations

Une faiblesse productive qui dépasse les mauvaises récoltes

La filière italienne de l’orange subit une contraction prolongée. Les surfaces plantées et les rendements diminuent, tandis que les coûts augmentent, que la consommation intérieure s’affaiblit et que la concurrence étrangère s’intensifie. Selon QuiFinanza, qui cite un rapport d’Istat sur la production agricole publié le 4 septembre 2026, la superficie des orangeraies comme leur productivité ont reculé entre 2006 et 2025.

Cette évolution dépasse les seules régions productrices italiennes. Le pays représente 30,5 % de toutes les oranges cultivées dans l’UE27, soit près d’un tiers de la production européenne. Les vergers soutiennent également des emplois dans la récolte, la transformation, la logistique et les activités agroalimentaires connexes. La poursuite du recul menace donc les revenus agricoles et l’emploi dans des territoires déjà fragiles sur le plan économique.

La pression ne vient plus seulement des campagnes difficiles ou des conditions météorologiques défavorables. Les producteurs doivent supporter des charges d’exploitation plus élevées et évoluer sur un marché où des exploitations dispersées peinent à négocier avec les grands acheteurs. Si la rentabilité reste insuffisante, entretenir les vergers et renouveler les arbres deviendra de plus en plus difficile.

Les achats s’éloignent du pic de la pandémie

La demande intérieure s’est nettement affaiblie depuis l’envolée de la consommation d’agrumes pendant la pandémie. Les calculs de CSO Italy fondés sur les données de YouGov évaluent les achats d’oranges au détail à environ 344 000 tonnes en 2024. Ce volume était inférieur de 3 % à celui de 2023 et de 33 % à celui de 2020, année où il avait dépassé 490 000 tonnes.

La progression observée pendant la pandémie avait été favorisée par l’intérêt porté à la vitamine C et à une alimentation saine, mais elle s’est révélée temporaire. En 2020, 80 % des ménages italiens avaient acheté des oranges dans l’année; cette proportion est désormais tombée à 71 %. Les consommateurs dépensent davantage mais achètent moins, si bien que la hausse des prix ne compense pas la perte de volumes dans la chaîne d’approvisionnement.

La structure de la distribution renforce la pression. La grande distribution concentre environ 80 % des volumes totaux. Les supermarchés restent le premier canal, mais leurs volumes ont reculé de 5 % en 2024, tandis que les enseignes de discount ont progressé de 10 %. La concurrence porte ainsi davantage sur les prix, les promotions et les conditions d’approvisionnement, domaines dans lesquels les entreprises agrumicoles italiennes ne disposent pas toujours d’un pouvoir de négociation suffisant.

Les importations comblent une partie du déficit

L’Italie importe un peu plus de 153 000 tonnes d’oranges, soit environ 10 % du produit disponible chaque année sur le marché intérieur. D’après QuiFinanza, l’Espagne, l’Égypte et un autre fournisseur majeur figurant dans les données de CSO ont représenté ensemble près de 80 % des importations. Le texte source disponible ne fournit pas de ventilation complète par pays.

En 2025, les expéditions de ces trois fournisseurs ont dépassé 88 000 tonnes, en hausse de 18 % par rapport à 2024. Les livraisons espagnoles ont augmenté de 55 %, tandis que celles provenant d’Égypte ont diminué de 8 %. Ces chiffres montrent que les fruits étrangers peuvent gagner du terrain lorsque la production italienne peine à répondre aux exigences du marché en matière de volume, de prix et de régularité.

L’Italie continue d’exporter des oranges, mais les ventes extérieures ne représentent que 5-7 % de la production nationale. Avec une demande intérieure en baisse et des importations toujours importantes, les producteurs subissent une pression des deux côtés du marché. Le principal risque est que la culture de l’orange cesse d’être rentable dans les régions où elle soutient historiquement l’agriculture, la transformation et l’emploi local.

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