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La filière française de la pomme de terre demande aux acheteurs de s’adapter

Les surfaces françaises de pommes de terre reculent de 10 %, tandis que les prélèvements affichent des rendements inférieurs de plus de 6 tonnes par hectare à la moyenne pluriannuelle. Le CNIPT demande aux distributeurs et aux autres acheteurs de revoir leurs références de prix, leurs promotions et leurs critères de calibre.

La filière française de la pomme de terre demande aux acheteurs de s’adapter

Les surfaces reculent et les aléas climatiques pèsent sur les champs

La filière française de la pomme de terre demande aux acheteurs en aval d’adapter leurs stratégies commerciales face à une nette contraction des surfaces et à la dégradation des perspectives de rendement. Selon Terre-net, le Comité interprofessionnel de la pomme de terre, CNIPT, avertit que le marché ne peut plus être évalué à partir des disponibilités et des références de prix de la campagne précédente.

Les surfaces plantées en pommes de terre ont diminué de 10 %. À ce recul s’ajoutent les conséquences d’un été marqué par la sécheresse et les canicules. L’interprofession estime que le manque de pluie accroît le risque de désordres physiologiques sur les tubercules, tout en réduisant fortement le rendement potentiel et le calibre des pommes de terre récoltées.

Les prélèvements révèlent un important déficit de rendement

D’après le CNIPT, les prélèvements effectués dans les parcelles par la filière montrent, à date identique, des rendements inférieurs de plus de 6 tonnes par hectare à la moyenne pluriannuelle. L’écart dépasse 8 tonnes par hectare par rapport à 2025. L’organisation n’a pas communiqué de prévision pour la production nationale totale, mais la combinaison de surfaces réduites et de performances plus faibles annonce des disponibilités sensiblement inférieures à celles de la campagne précédente.

L’effet potentiel ne se limite pas aux volumes globaux. Une récolte comprenant davantage de petites pommes de terre ou de tubercules hors des spécifications habituelles pourrait réduire les quantités acceptées dans les programmes de la distribution, même si les produits restent commercialisables. Les producteurs risqueraient alors de voir des pommes de terre marchandes dévalorisées ou écartées parce que les cahiers des charges ont été conçus pour une récolte plus abondante et de plus gros calibre.

Le CNIPT demande de nouvelles bases pour les prix et les promotions

Le CNIPT juge inconcevable que les acheteurs continuent à utiliser les niveaux de disponibilité ou les références de prix de la dernière campagne. Il les invite à fonder leurs décisions sur les équilibres actuels du marché, en particulier pour la préparation des promotions. Des opérations reposant sur des hypothèses d’offre dépassées pourraient accentuer la pression sur une récolte déjà attendue en baisse.

L’interprofession demande également d’assouplir les cahiers des charges, notamment les critères de calibre. Cette adaptation permettrait de proposer aux consommateurs une plus grande part de la récolte et de valoriser toutes les pommes de terre disponibles. Pour accompagner cette démarche, le CNIPT a publié un guide d’interprétation de l’arrêté encadrant la commercialisation des pommes de terre.

La distribution promet de privilégier l’origine France

La Fédération du commerce et de la distribution, FCD, a déclaré dans un communiqué du 18 août qu’elle adapterait ses pratiques aux réalités du terrain, tout en maintenant la priorité à l’origine France. Cet engagement fournit une base aux discussions sur les spécifications et les programmes d’achat, mais la source ne précise ni les éventuelles évolutions de prix ni les volumes attendus dans la distribution.

Pour les producteurs, transformateurs, conditionneurs et distributeurs, l’enjeu consiste à répartir et à valoriser une récolte plus faible. L’acceptation d’une gamme de calibres plus large pourrait limiter les pertes évitables et préserver l’offre française. Les décisions concernant les prix et les promotions détermineront aussi si la baisse des disponibilités est prise en compte par toute la chaîne ou supportée principalement par la production et le conditionnement. La production finale dépendra des rendements et de la qualité, mais les données de terrain citées par le CNIPT montrent déjà que les références commerciales de la campagne précédente ne sont plus adaptées.

Analyse complète du marché

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