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Les exportations européennes de parfums vers la Russie chutent de 37% en juillet

Selon les données d'Eurostat, les livraisons de parfums de l'Union européenne vers la Russie ont reculé de 37% sur un an en juillet, à 26,4 millions d'euros, et celles de cosmétiques de 16%, à 34,5 millions. La France reste le premier fournisseur dans les deux catégories.

Les exportations européennes de parfums vers la Russie chutent de 37% en juillet

Les exportations de parfums de l'Union européenne vers la Russie ont reculé de 37% sur un an en juillet, à 26,4 millions d'euros, tandis que les livraisons de cosmétiques ont diminué de 16%, à 34,5 millions d'euros, selon les données d'Eurostat citées par RIA Novosti.

Ce repli prolonge une contraction observée tout au long de l'année, mais la comparaison mensuelle va dans l'autre sens : la demande du marché n'a pas disparu, même si les cumuls annuels continuent de se réduire.

Une hausse mensuelle dans un recul annuel

Par rapport à juin, les exportations européennes de parfums et d'eaux de toilette ont progressé de 7% et atteint leur plus haut niveau depuis février. Les livraisons de cosmétiques ont gagné 4% sur le même mois.

Les cumuls de sept mois confirment la tendance de fond. De janvier à juillet, l'UE a fourni à la Russie des parfums pour 190,2 millions d'euros, soit 22% de moins que sur la même période de l'année précédente. Les exportations de cosmétiques ont reculé de 17% sur cette période, à 236,8 millions d'euros.

Les soins de la peau dominent les cosmétiques

Les produits de soin de la peau restent le cœur des échanges cosmétiques européens avec la Russie, rapporte Profile. En juillet, ils étaient valorisés à 27,1 millions d'euros, soit l'essentiel du total mensuel. Le reste se répartissait entre des segments plus étroits :

  • maquillage des yeux — 2,7 millions d'euros
  • poudres — 2,2 millions d'euros
  • produits pour les lèvres — 2,1 millions d'euros
  • produits de manucure et de pédicure — 488 000 euros

Cette composition compte pour les industriels européens : le volume repose sur le soin, tandis que les catégories décoratives, plus étroites, sont les plus exposées au retrait des marques et à la concurrence locale.

La France en tête des deux catégories

La France a été le premier fournisseur européen de parfums et d'eaux de toilette en juillet, avec 8,8 millions d'euros, devant l'Espagne à 6,2 millions et l'Italie à 5,3 millions. Ces trois pays ont représenté plus des trois quarts du total mensuel du parfum.

La France dominait aussi les cosmétiques, avec près de 12 millions d'euros. L'Allemagne a exporté pour près de 7 millions et la Pologne pour 5,5 millions. Le classement des fournisseurs a peu bougé pendant la baisse : c'est le volume des échanges qui se réduit, pas la liste des pays qui les assurent.

La production russe progresse quand les importations reculent

La baisse des livraisons européennes intervient alors que la production russe augmente et que la structure du marché se recompose. Selon BusinesStat, la production russe de parfumerie a progressé de 2% en 2025, à 94 millions d'unités, et le nombre de nouvelles entreprises du secteur a bondi de 77% sur l'année.

Le mouvement est plus net dans les cosmétiques. Tebiz Group estime que la production intérieure russe de cosmétiques a dépassé les importations d'un facteur 1,4 en 2025. En cinq ans, le marché a progressé d'environ un quart en volume, tandis que sa valeur a presque doublé pour atteindre 993 milliards de roubles — un écart qui traduit la hausse des prix et le glissement vers des produits plus chers, et non une progression comparable de la consommation.

Une partie de l'espace libéré par les marques européennes est occupée par des fabricants russes, tandis que les produits étrangers continuent d'entrer dans le pays par des circuits modifiés et depuis un éventail plus large de pays d'origine. Cette redistribution de l'offre explique que la série d'Eurostat sous-estime le volume de marchandises d'origine européenne qui parviennent effectivement aux rayons russes.

Le ministère russe de l'Industrie et du Commerce a relevé la même tendance. Le vice-ministre Mikhaïl Iourine a déclaré que les consommateurs russes s'intéressaient davantage à la parfumerie nationale, y compris aux marques qui puisent dans les thèmes culturels russes et utilisent dans leurs noms et leurs compositions des images des contes, de la nature, de la littérature et de la culture traditionnelle russes.

Pour les producteurs européens, les chiffres de juillet décrivent un marché encore significatif en valeur absolue — près de 61 millions d'euros de livraisons mensuelles cumulées de parfums et de cosmétiques — mais où chaque mois de présence réduite cède du linéaire et des habitudes d'achat aux concurrents locaux.

Analyse complète du marché

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