Les exportations russes de céréales divisées par 1,6 au premier trimestre 2026/27
Les exportations de céréales de Russie sont attendues à 8,5 millions de tonnes de juillet à septembre, soit une division par 1,6 sur un an, le blé reculant de 10,6 à 4,8 millions de tonnes. Les principales capacités de transbordement de Novorossiisk étant à l'arrêt, l'Iran devient le premier acheteur avec 17,2 %.
Les exportations de céréales de Russie seront divisées par 1,6 au premier trimestre de la campagne agricole 2026/27, à 8,5 millions de tonnes, rapporte marketpower.pro. Le recul se concentre sur le blé et coïncide avec l'arrêt des principales capacités de transbordement de Novorossiisk, premier port céréalier du pays.
Le blé concentre l'essentiel du recul
Les expéditions prévues pour juillet-septembre, comparées à la même période de la campagne précédente, s'établissent ainsi :
- blé : 4,8 millions de tonnes, contre 10,6 millions de tonnes un an plus tôt ;
- maïs : 0,6 million de tonnes ;
- orge : 0,8 million de tonnes.
Le blé représente à lui seul une baisse de 5,8 millions de tonnes, soit l'essentiel du recul trimestriel. Pour le principal produit d'exportation, la situation est problématique, ont indiqué les analystes de la société ProZerno, cités par marketpower.pro.
L'Iran supplante la Turquie en tête des acheteurs
Selon ProZerno, l'arrêt de Novorossiisk a remodelé la structure des acheteurs. L'Iran est devenu le premier importateur de céréales russes avec une part de 17,2 %, ses achats portant principalement sur le maïs et l'orge. Suivent l'Égypte et l'Azerbaïdjan. La part de la Turquie, historiquement l'une des principales destinations du blé russe, est tombée à 2 %.
« L'Iran est devenu le principal acheteur parce que la Caspienne fonctionne », ont expliqué les analystes de ProZerno. Autrement dit, les routes de haute mer en mer Noire sont remplacées par des expéditions caspiennes, adaptées aux céréales fourragères destinées aux marchés voisins, mais pas aux gros lots de blé à destination de l'Afrique du Nord.
Une campagne comprise entre 39 et 45 millions de tonnes
Dans le scénario pessimiste, sans reprise du chargement à pleine capacité dans le bassin d'Azov et de la mer Noire, les exportations de céréales de l'ensemble de la campagne atteindraient 39 millions de tonnes. Le scénario optimiste les situe à 45 millions de tonnes. L'écart de 6 millions de tonnes entre les deux dépend de la logistique portuaire, et non de la disponibilité de la marchandise.
L'offre n'est pas le facteur limitant. La récolte céréalière est prévue cette année à 134,8 millions de tonnes, dont 88,1 millions de tonnes de blé, contre 141,2 millions de tonnes récoltées en 2025. Une récolte plus faible assortie de capacités d'expédition contraintes implique des stocks de report plus lourds dans le pays si le chargement ne se normalise pas.
Les autres flux agroalimentaires vers la Chine divergent
Des données commerciales publiées le 20 septembre montrent que la Russie a augmenté de près de 27 % sur un an ses recettes d'exportation de sarrasin vers la Chine en août, à 4,9 millions de dollars. Sur les huit premiers mois de l'année, ces livraisons ont totalisé 51,4 millions de dollars, en baisse de 15 % par rapport à la même période un an plus tôt. La Russie reste le principal fournisseur de cette culture sur le marché chinois.
La bière a évolué en sens inverse. De janvier à août 2026, la Russie a exporté vers la Chine pour 4,1 millions de dollars de bière, soit 2,2 fois moins que sur la même période de l'année précédente. En août, les recettes mensuelles sont tombées à 489 500 dollars, contre 912 300 dollars en juillet. Les livraisons de bière chinoise vers la Russie ont progressé d'un tiers sur ces huit mois, à 39 millions de dollars.